Déclaration du Sgen-CFDT au Conseil Académique de l’Education Nationale du 25 novembre

Le CAEN de l'Académie de Rennes ne s'était pas réuni depuis un an pour cause de pandémie, c'est pourtant la seule instance qui réunisse au niveau académique tous les partenaires du système éducatif. À l'ordre du jour le bilan de rentrée 2021 et la carte des formations.

Reprise épidémique : combien de fermetures ?

Nous sommes réunis pour la première fois depuis un an. Nous nous en réjouissons et espérons que le CAEN de janvier pourra se tenir normalement malgré les signaux inquiétants de ces derniers jours.
La rentrée normale n’aura encore une fois pas fait long feu et on voit de nouveau les classes fermer massivement en Bretagne.

Des baisses démographiques inquiétantes

Pour revenir à ce qui nous réunit aujourd’hui, le bilan de la rentrée 2021, nous aimerions faire quelques constats et quelques propositions.
Le constat pour l’école publique est le même depuis plusieurs années. Une baisse importante des effectifs qui vient s’ajouter aux baisses précédentes…
En 8 années l’école publique a perdu 16 000 élèves en Bretagne et les statistiques INSEE sur les naissances ne portent pas à l’optimisme.
Cette année nous constatons que dans ce contexte démographique défavorable, le réseau publique est plus fragilisé que le réseau privé. Ce constat nous inquiète et nous interroge.

et aucun travail prospectif de structuration des écoles en réseau

Nous l’avons déjà dit en comité technique académique, que faisons-nous face à ces constats ? à quel moment et dans quels lieux avons-nous une réflexion sur l’organisation du réseau d’écoles publiques sur le territoire régional.
Nous le voyons bien la gestion au coup par coup, école par école, commune par commune au sein des seuls départements, avec les effets yoyo que connaissent les plus petites structures ne permettent pas de vision globale du réseau public. Un réseau qui doit avoir pour objectifs une accessibilité pour tous les enfants,  une qualité pédagogique et matérielle égale et des conditions de travail des personnels permettant une plus grande  stabilité des équipes.

Ce sont les écoles primaires qui irriguent l’ensemble de notre système éducatif public en Bretagne. Un travail de réflexion et de prospective associant tous les acteurs de l’école, parents, élus, administration et représentants des personnels nous semble urgent. Il s’agit d’offrir à tous d’autres perspectives que le constat impuissant de cet étiolement que nous faisons année après année.

Fusion et manque de transparence

Dans le second degré le rectorat accompagne des initiatives de restructuration du réseau, nous pensons à l’exemple de Lorient avec la disparition de deux collèges Jean Le Coutaller et Kérentrech  fusionnés pour en faire un troisième nommé Tréfaven.
Les personnels ont découvert en allant sur le serveur académique dédié aux mutations la création d’une section internationale espagnol pour le nouveau collège.

Fusion et manque de dialogue social

On peut trouver le projet d’implantation de cette section cohérent : il l’est à bien des égards, que ce soit pour viser une mixité sociale, en particulier éviter les fuites dans le privé ou que ce soit pour créer une filière linguistique dans un bassin.

Mais alors, pourquoi écarter les personnels et les organisations syndicales de la réflexion ?

Et surtout comment peut-on imaginer monter un projet éducatif sans les collègues qui auront à le mener ? Les deux équipes sur place n’ont pourtant pas attendu pour se concerter et tenter de monter des projets ensemble !

De la recherche de la mixité sociale : quels moyens ? pour qui ?

En outre, nous sommes très sensibles au Sgen-CFDT Bretagne aux questions d’équité. Eviter la fuite de certaines familles est certes louable mais nous ne devons pas perdre de vue l’objectif de tenter de corriger les inégalités par une redistribution équitable des moyens.

L’objectif d’aboutir à une plus grande mixité sociale est un pari dont rien ne garantit le succès. Tant que l’objectif n’est pas atteint, il nous semble indispensable que les moyens dont disposait Le Coutaller au titre de l’Education Prioritaire soient maintenus pour le nouvel établissement.

De fâcheuses incertitudes sur l’inspé de Saint-Brieuc

Nous notons encore un déficit de dialogue sur la situation du site briochin de l’INSPE de Bretagne.
Dans un contexte déjà complexe, crise covid et réforme de la formation initiale, alors que l’année universitaire a déjà commencé, il faudrait procéder à un déménagement d’ici la fin décembre ! En pleine période d’examens !
Quelle est donc l’urgence qui conduirait à ce départ précipité ? D’autant que le site d’accueil, le collège Beaufeuillage, est loin d’être prêt

La demande légitime des usagers, étudiants comme personnels, est de repousser le déménagement à la fin de l’année scolaire.

Quel message envoie-t-on a ces jeunes enseignants en formation, alors que nos professions peinent tellement à recruter faute d’attractivité et que le nombre de démissions ne cesse de croitre, en particulier chez nos jeunes collègues ?

Une carte des formation sans ambition

Concernant la carte des formations qui nous est proposée ici elle est une nouvelle preuve du manque d’ambition pour notre réseau public, d’année en année nous vérifions que les ouvertures  de formations sont trop souvent conditionnées à des fermetures, partielles ou totales  y compris dans des filières dont le taux de pression est suffisant pour remplir des divisions complètes.

Dans cette logique de vision prospective sur notre réseau public et de concertation entre les différents acteurs nous soutenons l’idée de projection interministérielle et pluri annuelle de la carte des formations proposée hier en Crefop par la région.