Jeudi 2 décembre a eu lieu à la préfecture des Côtes d'Armor un comité départemental réunissant parents, représentant·es des collectivités, direction académique et organisations syndicales. Le Sgen-CFDT Bretagne a fait l'intervention que vous pouvez lire dans cet article.
On a besoin de remplaçant·es !
Nous sommes réunis pour dresser le bilan de cette rentrée scolaire dans les Côtes d’Armor. Force est de constater que notre ministère n’a pas tiré les leçons des précédentes vagues Covid en provisionnant suffisamment de ressources humaines pour les remplacements. Sans avoir de chiffres précis, nos remontées de terrain font état de multiples soucis de remplacements non assurés dans le 1er et le 2nd degré, ceci à l’aube d’une cinquième vague qui potentiellement accentuera les besoins.
Tenir compte des circonstances, enfin !
Non, cette rentrée n’est ni classique, ni ordinaire. Toutes les adaptations aux différents protocoles et une ambiance anxiogène liée à la conjoncture ont un coût qui se chiffre en fatigue voire en épuisement professionnel.
Comment imaginer que la qualité des cours ne soit pas altérée avec un enseignant empêché, épuisé, stressé.
Améliorer la qualité de vie au travail !
Même si les taux d’encadrement ont été améliorés dans le 1er degré, dans le 2nd degré de nombreuses disciplines sont en tension. La géographie spécifique de notre département, avec de nombreux petits établissements, a pour conséquence un nombre important de collègues exerçant sur plusieurs lieux éloignés.
Et que dire des jeunes stagiaires dont certains ont renoncé à prendre en charge une classe en responsabilité.
Les hausses de carburant, l’augmentation du coût de la vie fragilise la situation de beaucoup et diminue encore l’attractivité de nos métiers.
La Qualité de Vie au Travail devrait être un axe majeur de développement pour les années à venir autant pour les impacts sur la qualité des enseignements délivrés que sur l’attractivité de nos métiers. L’enjeu pour notre nation est d’envergure.
Maintien du site de l’inspé à Saint-Brieuc : ouf !
A propos de formation justement, nous vous sommes reconnaissants d’avoir entendu l’appel de nos collègues et étudiants de l’INSPE de Saint Brieuc. La présence de cette structure nous paraît essentielle pour le département et la région au risque d’accroître une polarisation déjà forte de notre territoire entre l’Ouest avec Brest et l’Est avec Rennes.
Il nous faut également penser à tous ces jeunes enseignants en formation en leur envoyant dès leur entrée en fonction des messages positifs de l’institution. En effet, nos professions peinent tellement à recruter faute d’attractivité et le nombre de démissions ne cesse de croître, en particulier chez nos jeunes collègues !
L’informatique dans les collèges des Côtes d’Armor : un sujet sensible
Nous souhaitions également aborder la question de la maintenance informatique dans les collèges gérée actuellement par les équipes du CD22 et du rectorat. Un appel d’offre serait lancé pour une évolution en 2022. Pouvez-vous nous le confirmer et nous expliquer quelles sont les motivations de ce changement ?
Nous sommes inquiets car les équipes du CD22 ont une connaissance fine des établissements et de leur problématique. Un changement entrainera inévitablement une période de flottement et c’est un sujet très sensible dans les collèges où la disponibilité des équipements informatique est devenue essentielle (l’appel numérique, apport des TICE dans les enseignements entre autres). Notre école ne doit pas se retrouver en décalage avec la société.
Se donner les moyens de l’inclusion : Segpa Guingamp/Lannion et aesh
Pour finir, nous souhaiterions évoquer les questions liées à l’inclusion. C’est une nécessité et une exigence qui honore notre système. Encore faut-il se donner les moyens pour la mettre véritablement en œuvre. Nous prendrons plusieurs exemples pour illustrer notre propos.
Premièrement la situation du collège Albert Camus de Guingamp qui subit comme celui de Prévert une perte d’attractivité au profit du privé. Une rénovation de ce collège spécifique avec 20% d’élèves en Segpa , au même titre que son voisin de Prévert, permettrait d’aider à endiguer ces baisses d’effectifs. Vous nous aviez informé que la situation du bassin de Guingamp est une priorité pour M. le Recteur.
Est-il possible également d’ouvrir une 2° classe de Segpa l’an prochain en 5° au collège Charles Le Goffic à Lannion afin de ne pas noyer des élèves relevant de ce dispositif dans des classes d’enseignements général comme c’est le cas cette année faute de places ?
Et enfin, ces enjeux liés à l’inclusion passent aussi par un véritable statut et une véritable reconnaissance des personnels AESH bien malmenés par notre institution.
Que dire de ces mêmes personnels qui en changeant de département dans notre académie voient leur ancienneté remise à zéro sur des salaires déjà bien indigents.