CTSD Bilan de rentrée 2021 en Ille et Vilaine

Le Comité Technique Spécial Départemental s'est réuni le 18 novembre pour faire le bilan de la rentrée 2021 en Ille-et-Vilaine. Voici la déclaration préalable du Sgen-CFDT Bretagne.

Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale,

Mesdames et Messieurs les membres du CTSD,

 

Le ministère de l’Éducation nationale a rendu 75 millions d’euros au titre de l’année 2021.

75 millions d’euros non dépensés au regard des autorisations de crédits et d’engagements prévues par les lois de finances 2021.

Entendre ces chiffres est, à raison, considéré comme du mépris par bien des agents, qui ont été confrontés à de grandes difficultés – ils sont nombreux -, voire à des souffrances au travail, du fait du manque de moyens à différents niveaux pour mettre en œuvre le service d’éducation.

Pour le Sgen-CFDT, il convient d’améliorer le pilotage de la dépense. Les non consommés sont le signe que des politiques publiques décidées ne sont pas conduites à leur terme au détriment des élèves et des personnels.

Nous ne rentrerons pas dans le détail des mesures qu’il aurait été possible de prendre, nos élus en CTM s’en sont déjà chargés.

Retenons pourtant que les agents en situation les plus précaires auraient pu voir leur situation s’améliorer par l’utilisation de ces crédits.

Retenons encore que le remplacement des heures postes en heures supplémentaires, le non remplacement ont dégradé les conditions de travail des personnels du 2nd degré.

Retenons aussi que les personnels n’ont pas été dotés en masques chirurgicaux depuis 1 an et demi, masques plus protecteurs et plus adaptés aux conditions de travail que ceux fournis par le Ministère.

Retenons enfin qu’il aurait été possible d’améliorer les conditions de travail des personnels administratifs, nous savons à quel point cela aurait été nécessaire dans notre département.

Ce ne sont ici que quelques propositions que nous formulons régulièrement.

 

Autre sujet qui fait rage dans le premier degré, le mouvement interdépartemental.

Vous connaissez le nombre de collègues qui attendent d’entrer dans notre département, ou qui cherchent à en sortir pour rejoindre un autre département breton. Lors du bilan académique des Lignes de Gestion mobilités, le grand nombre de participants en Ille et Vilaine lors du dernier mouvement a été remarqué. Tous les ans, ce moment est donc attendu par nos collègues. Nous avons, par l’intermédiaire de nos élus en Comité Technique Ministériel, voté contre le nouveau mouvement POstes à Profil. Nos craintes concernant ce mouvement se vérifient. Nous constatons une forte demande pour ces postes à profil, mais après discussion avec les collègues, nous remarquons un effet d’aubaine. Beaucoup semblent profiter du mouvement POP pour contourner le barème. Cela nuit à l’équité entre collègues, par le manque de transparence du classement des candidatures. Nous continuons de penser que les situations bloquées depuis plusieurs années ne seront pas améliorées par ce mouvement. Concernant les postes proposés au mouvement POP, 4 en Ille et Vilaine, nous aurions apprécié, puisque cette nouvelle disposition n’est pas de votre fait, qu’ils soient soumis à vote ou discussion en CTSD.

 

Dans le second degré, l’hémorragie d’heures non assurées est terrible.

Il faut le dire : notre métier d’enseignant n’est plus assez valorisé, plus assez confortable, plus assez « recruteur », et parfois trop « mange-tête ». Posons-nous les bonnes questions. Au vu du manque cruel de candidats aux concours depuis plusieurs années, au vu du nombre de personnels contractuels recrutés, au vu des effroyables suppressions de postes depuis deux ans dans notre académie et de l’impossibilité d’absorber cela en heures supplémentaires, au vu du non-remplacement pour manque de personnels, nous constatons, à travers tout le département et aussi dans Rennes même, un trop grand nombre d’heures non-assurées. Cela était prévisible. Nous nous demandons à quel moment cela s’arrêtera. Quand est-ce que toutes les heures de tous les élèves seront assurées ? Ce n’est pas le H/E de cette année qui va nous remettre du baume au cœur. Par ailleurs, nos collègues sont de plus en plus nombreux à souhaiter quitter nos métiers. Il est temps de prendre en compte les difficultés de notre activité professionnelle et de réellement prendre soin des personnels.

Nous souhaitons reparler un instant de l’Eréa Magda de Rennes

dont vous avez reçu une délégation le 21 octobre dernier. Sans secrétaire depuis plusieurs mois, en manque de logements de fonction (3 seulement alors qu’il y a un internat), en manque de remplaçants lors de formation Cappei, c’est un exemple de l’absurdité du système qui calcule des supports au plus juste. De plus, la région a fini par entendre que oui, depuis l’ouverture du CAP pressing à la rentrée 2019, il fallait prévoir minimum deux salles de cours supplémentaires dans l’enceinte de l’Eréa : une pour les 1ere année et une pour les 2è année. Nous remercions l’administration d’ouvrir des formations dans notre département dynamique, nous serions encore plus heureux que les locaux y soient adaptés.

 

A propos des lycées, lancés dans leurs évaluations communes qui ne disent pas leur nom

Savez-vous que des équipes entières, certes débattent, mais parfois aussi se crêpent le chignon pour réussir cette pirouette des modalités d’évaluation communes ? Ce sont encore des tensions. Dans les équipes chevronnées, les plus jeunes collègues se font parfois couper l’herbe sous le pied ou sont relégués au statut de spectateur de telles réunions d’harmonisation.

Dans l’ensemble, nous serons attentifs au soutien et aux améliorations que vous pourrez apporter à tous ces points, à la fois pendant cette année scolaire, lorsque vous recevez des demandes, et pendant les années à venir.

 

Merci pour votre écoute.