Bilan de rentrée 2021 de l’académie de Rennes : peut mieux faire !

Comme chaque année, le rectorat de Rennes présente aux organisations syndicales les chiffres de la rentrée scolaire pour en faire le bilan. Pour nous, c'est un bilan globalement peu satisfaisant. Peut mieux faire ! Voici notre déclaration préalable lue en séance le 18 novembre.

Normale, vous avez dit normale ?

Ce CTA de rentrée se tient comme d’habitude à la mi-novembre alors que la rentrée est déjà loin de nous, une rentrée qui nous semble d’autant plus lointaine qu’elle n’a pas été normale, loin s’en faut.
Elle  s’est faite dans des conditions sanitaires plutôt satisfaisantes, mais la fatigue des personnels et les tensions sur les lieux de travail étaient fortes.
À vouloir afficher une rentrée normale on a fini par oublier que les deux années passées ont été pour tous et toutes très éprouvantes, que les élèves n’ont pas connu des conditions d’apprentissage optimales.

On a sans doute oublié aussi que le retour à la collectivité après des mois d’isolement n’allait pas forcément de soi pour chacune et chacun.

Le télétravail … bon seulement en temps de confinement ?

Le retour complet et brutal en présentiel a suscité colère et incompréhension pour nombre de collègues administratifs ayant télé-travaillé dans des conditions satisfaisantes pendant 15 mois. Les ambiances de travail en sont dégradées.

Le poids de la fatigue…

La pression ressentie par les personnels n’est pas imaginaire, les sollicitations se multiplient, comme pour rattraper les mois passés en confinement.
Il aurait fallu, nous l’avons demandé avec insistance pourtant,  prendre le temps d’une pause, concevoir des programmes de reprise en présentiel, adapter, remédier.
La méthode Coué a ses limites.
La reprise épidémique cet automne en est une nouvelle preuve.

C’est dans ce contexte de grande fatigue des personnels que s’opère une rentrée sans moyens supplémentaires. Les classes dans les collèges et lycées sont très chargées, en LP où les élèves ont plus largement décroché aussi.
Là où il aurait fallu un taux d’encadrement amélioré pour permettre aux jeunes les plus fragiles de reprendre le fil de leur scolarité, on a fait le choix de regarder ailleurs… Une rentrée normale nous dit-on !

 

… et des heures supplémentaires qui dégradent les conditions de travail

Au motif d’une démographie moins forte qu’ailleurs, le ministère a demandé à notre académie de rendre des postes dans le 2nd degré depuis 2 ans en faisant un tour de passe-passe.  Prétendre que des heures supplémentaires équivalent à des heures poste est absurde. Cela a un impact direct sur l’encadrement des élèves – avec des collègues à poste partagé ou pas. Cela a un impact sur l’attractivité de notre profession.  -160 postes en deux ans, ce n’est pas indolore.

Le ministère en imposant la possibilité des 2 heures supplémentaires n’a pas compensé la perte de pouvoir d’achat générée par le gel du point d’indice. En revanche, il a dégradé les conditions de travail précisément à un moment où les collègues sont fragilisés et plus facilement fatigués.

Et comme les heures supplémentaires sont un facteur d’inégalités entre les femmes et les hommes, ce choix politique mauvais pour tout le monde, l’est encore plus pour les femmes.

Enfin, un calcul précis montre que le taux horaire des HSA est inférieur au taux horaire brut d’une heure de cours (jusqu’à -45 % !)  pour la très grande majorité des enseignant·es. Comment traduire ce fait autrement que par une mesure d’économie budgétaire ?

Conséquences de la réforme de la formation initiale

Puisqu’il est question du bilan de cette rentrée, il faut aussi pointer du doigt les conséquences sur le terrain d’une réforme désastreuse de la formation initiale. Désastreuse pour les collègues qui démarrent mais aussi pour la gestion en ressources humaines globale. En effet, le renoncement des contractuels alternants à prendre en charge 6h de cours, au vu de la difficulté des cumuls, a entraîné un début d’année chaotique dont les personnels dans les services, les chef·fes d’établissement, les contractuel·les, les TZR et in fine les familles ont fait les frais.

Régimes indemnitaires : des progrès

Lors de ce CTA nous devrons nous prononcer sur les revalorisations des IFSE des personnels ATSS. Nous nous félicitons des avancées issues du protocole d’accords signé par notre organisation dans le cadre des mesures du Grenelle de l’éducation.
Ces mesures et le cadrage ministériel ont permis des avancées de justice que nous attendions depuis longtemps.

Ainsi nous voyons avec satisfaction l’écart maximal de 15% réservé aux personnels administratifs logés étendu aux collègues infirmières et infirmiers de notre académie.

insuffisants pour les catégories C

Nous regrettons cependant que les personnels de catégorie C, malgré une amélioration de leur régime indemnitaire, ne voient pas de progression vraiment probante de leur pouvoir d’achat.
Nous espérons que les requalifications et pyramidages prévus leur permettront  d’envisager un déroulement de carrière un peu moins plat, et de corriger les effets de tassement du bas des grilles de catégorie B.