Préparation de la rentrée 2024 dans les écoles du Morbihan

Le Comité Social Académique Spécial Départemental s'est tenu le 20 février pour préparer la rentrée 2024 dans les écoles du Morbihan. Voici la déclaration préalable du Sgen-CFDT Bretagne.

« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour » a dit le poète Pierre Reverdy. Et quand le premier ministre affirme que « l’école sera une priorité absolue du Gouvernement », nous cherchons les preuves au delà de la déclaration.

Car la baisse démographique dans le 1er degré aurait pu donner un souffle budgétaire et favoriser des mesures qualitatives. La relative diminution du nombre d’élèves n’était-elle pas l’occasion d’améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage des élèves, nous qui avons le triste record des classes les plus chargées d’Europe ? Or, c’est une logique fortement gestionnaire qui s’applique dans le budget national et en conséquence au niveau académique et départemental.

Face au défi d’une école réellement inclusive, aux difficultés du remplacement, à la perpétuation des inégalités scolaires, à l’explosion des tâches de direction… les personnels et les usagers de l’école sont en droit d’attendre de ceux qui nous dirigent autre chose que des mantras tels que « uniforme », « autorité », « SNU », « méthode de Singapour », « la faute aux écrans »…

S’il n’y a pas d’argent magique, il n’y a pas non plus en matière d’éducation de méthode miracle.

Le temps du politique est différent du temps éducatif, on le sait. Les annonces régulières et fouillies des ministres successives et successifs sont le signe d’une impréparation consternante qui met en difficulté le monde éducatif.

Nombreux sont les chantiers qui depuis de nombreuses années occasionnent des conditions de travail dégradées pour les personnels, voire de la souffrance pour certains d’entre eux comme, par exemple, pour nos collègues confrontés à la gestion d’élèves hautement perturbateurs.

Il est grand temps de sortir de la logique purement budgétaire pilotée principalement par le taux d’encadrement et le schéma « un enseignant – une classe » n’est plus possible.

Dans le Morbihan nous allons donc devoir faire avec un retrait de 8 postes, 13 postes en y ajoutant les départs en formation pour le breton. Autant dire que nous allons devoir travailler à moyens constants dans des conditions dégradées. La pression sociale sur l’école est toujours aussi forte.

On nous demande des résultats dont nous partageons l’ambition, sans les moyens de les atteindre.

Quand on casse un vase, même avec la meilleure volonté du monde pour le réparer, on ne peut le ramener à son état originel. Et pour filer la métaphore, l’art japonais du kintsugi (art de réparer la porcelaine) nécessite l’expertise et le talent d’un artisan, et surtout de l’or. Les annonces du ministre de l’économie ne nous permettent malheureusement pas d’espérer.


À la fin de la réunion, l’ensemble des organisations syndicales a voté contre le projet de carte scolaire présenté par l’administration.