C’est mieux que si c’était pire !

Déclaration de la CFDT au Comité Social d'Administration de l'académie de Rennes. À l'ordre du jour la préparation de rentrée 2025 et les LDG mobilité des personnels enseignants du premier et du second degrés.

Monsieur le Recteur, mesdames et messieurs les représentants de l’administration et des organisations syndicales,

Vœux

En ce début d’année 2025, la CFDT vous adresse, ainsi qu’à tous les agent·es de l’académie, ses meilleurs vœux.
Nous souhaitons à toutes et tous énergie, solidarité et engagement pour continuer à défendre un service public d’éducation juste et équitable.
Nous pensons aujourd’hui particulièrement à nos collègues de Mayotte qui dans des conditions extrêmement difficiles commencent à accueillir leurs élèves.

C’est mieux que si c’était pire

Les reculs sur le projet  de supprimer 4 000 postes d’enseignants, ou de passer à trois jours de carence, sont des bonnes nouvelles. Reste que nous ne disposons toujours pas d’une loi de finances, et encore moins de perspectives pluriannuelles.

Dans le premier degré

Si la seule donnée démographique avait été prise en compte nous aurions perdu 131 postes écrivez-vous dans le dossier. Nous devrions donc sauter au plafond de n’en perdre que 20 ?
Nous le redisons ici, les suppressions de postes ne  sont pas une conséquence logique de la baisse démographique.

C’est un choix politique. Celui de ne pas investir pour la jeunesse de ce pays.

Depuis 2020, dans notre académie, nous avons perdu plus de 13 000 élèves et  122 postes. Mais dans la période 2013/2017 au cours de laquelle nous avions perdu près de 2 500 élèves nous avions gagné 281 postes. Nous rappelons également que durant le mandat 2007/2012 alors que les effectifs augmentaient, les suppressions de postes ont été massives.

Il y aurait de nombreuses raisons de faire d’autre choix, à commencer par la prise en compte des conditions de travail des personnels. Les données du registre SST académique auraient pu justifier au moins de ne pas supprimer de postes.
La baisse démographique devrait être l’occasion de faire baisser la pression qui pèse sur les collègues :

  • en diminuant les effectifs
  • en dégageant des moyens de remplacement
  • en améliorant la formation continue
  • en proposant plus de maitres que de classes

Au regard de la situation des écoles aujourd’hui, ne pas faire ces choix, c’est choisir de laisser les collègues face à leurs difficultés.

Dans le second degré

Pour la mise en œuvre des groupes de niveau et du soutien en 4ème 3ème, la ministre disait vendredi à la radio que le ministère dégage des moyens… Dégager a aussi pour synonyme « supprimer », nous aurions dû nous méfier.

Les suppressions de postes, en particulier au collège, fragilisent encore un peu plus le réseau public.
L’an dernier pour mémoire nous étions la seule académie (avec la Corse) à n’avoir pas bénéficié de postes supplémentaires pour la mise en œuvre des groupes de niveau.

Ces nouvelles suppressions de postes, combinées à la mise en place du soutien en 4ème 3ème vont définitivement réduire les marges des établissements à la portion congrue. Dans un contexte de baisse démographique qui va encore accentuer la concurrence avec le réseau privé. Nous en avons vu les effets au collège dès cette rentrée.

Quelle place reste-t-il à l’autonomie des établissements et au dialogue social ?

Les établissements sont soumis du fait du retard pris en raison de l’absence de budget à un calendrier très contraint pour notre zone, d’autant qu’il faut tenir les délais pour le mouvement. Dans un tel contexte, avoir les prévisions d’effectifs en décembre aurait permis d’engager le dialogue social au sein des établissements en imaginant plusieurs scenarii.

L’école a besoin d’un projet

Que peut-il en résulter ? Démissions, réelles ou silencieuses, amertume, désengagement, burn-out et perte d’attractivité accélérée.

Il est urgent de donner aux personnels des perspectives pluriannuelles, en particulier sur les postes, les recrutements, pour définir et conduire une politique d’attractivité articulant revalorisation salariale pour tous les métiers, amélioration des conditions de travail. Il faut redonner sens au travail.

Pour toutes ces raisons, la CFDT considère qu’une convention citoyenne sur l’éducation permettrait de construire une vision partagée de la nation sur son école, pour une école de l’émancipation, qui donne à tous les enfants d’aujourd’hui le pouvoir d’agir sur le monde qui sera le leur demain. Mais aussi pour permettre aux personnels de retrouver la fierté non seulement d’assurer une mission de service public essentielle. Mais aussi de l’assurer dans de bonnes conditions et de bénéficier d’une reconnaissance matérielle et morale à la hauteur de ces enjeux.

Enfin, Monsieur le Recteur, vous aviez annoncé en début d’année que vous souhaitiez placer cette année sous le signe du dialogue social avec les représentants des personnels, de notre côté nous sommes prêt·es.