Académie de Rennes : 217 suppressions de postes, une rentrée scolaire sous plan social (communiqué de presse)

Le rectorat annonce la suppression de 217 emplois pour la rentrée prochaine, d’une ampleur inédite, à la mesure d’un plan social.

La préparation de la rentrée scolaire 2026 dans l’académie de Rennes s’effectue dans un contexte budgétaire particulièrement dégradé. Le retard pris dans le vote du budget à l’Assemblée nationale, conjugué à l’absence de budget pluriannuel pour l’Éducation nationale, sert de prétexte à des décisions brutales aux conséquences majeures pour le service public d’éducation.

Un plan social qui ne dit pas son nom

Lors du CSA académique de préparation de rentrée, le 29 janvier 2026, l’administration a confirmé la suppression de 217 postes dans l’académie de Rennes :
86 postes dans le premier degré et 131 postes dans les collèges et lycées
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Véronique Baslé de la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne déclare :

« Je n’ai jamais vu autant de suppressions d’emplois en Bretagne. Nous oscillons entre effarement, indignation et colère. Les dégâts vont se faire sentir sur les collègues – avec des charges de travail accrues, des remplacements de collègues impossibles – mais aussi sur les élèves. »

Ces chiffres, bien supérieurs à ce qui avait été initialement annoncé, constituent un véritable plan social, d’une ampleur inédite à l’échelle académique. Dans le secteur privé, de telles suppressions relèveraient clairement d’une restructuration, avec fermetures de sites à la clé. Il est illusoire de prétendre que l’Éducation nationale pourra supprimer 217 postes sans conséquences directes sur le réseau des écoles et des établissements.

 Quand les « figures fondatrices » deviennent des variables d’ajustement

Alors que le ministre de l’Éducation nationale qualifie les personnels de « figures fondatrices » et de « bâtisseurs de notre avenir commun », ce sont concrètement 86 bâtisseurs de l’avenir commun en moins dans les écoles et 131 figures fondatrices en moins dans les collèges et lycées qui sont actés pour la rentrée prochaine dans l’académie de Rennes.

Ces suppressions interviennent dans un contexte déjà marqué par une dégradation continue des conditions de travail : hausse des arrêts maladie et des mi-temps thérapeutiques, difficultés croissantes de remplacement, perte d’attractivité du métier et épuisement professionnel. Les indicateurs budgétaires brandis par le ministère ne rendent en rien compte de la réalité du travail enseignant aujourd’hui, ni de l’évolution des missions de l’École.

Cette politique budgétaire à courte vue affaiblit le dialogue social, empêche toute anticipation sérieuse et met en difficulté les services comme les établissements. Elle tourne le dos à l’intérêt des élèves, des personnels et des territoires.

L’Éducation n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Ce n’est pas un coût.
C’est un investissement pour l’avenir.
En faisant le choix de supprimer massivement des postes, le ministère prend la responsabilité d’une rentrée scolaire sous tension et d’un affaiblissement durable du service public d’éducation dans l’académie de Rennes.

Tous les syndicats représentatifs de l’académie de Rennes, dont la CFDT, se sont exprimés unanimement contre cette dotation lors du comité social d’administration à Rennes ce jeudi 29 janvier 2026. 

Communiqué de presse 29 janvier 2026