L'intersyndicale premier degré d'Ille-et-Vilaine a appelé les enseignants du premier degré à la grève pour dénoncer la dégradation des conditions de travail en Ille-et-Vilaine. Plus de 300 personnes se sont rassemblées devant le rectorat de l’académie de Rennes, mardi 27 janvier.
Des conditions de travail dégradées
Dans des classes, les enseignants sont confrontés à de plus en plus d’élèves en grande précarité sociale ou présentant des troubles du comportement ou ayant des besoins éducatifs particuliers.
« Ce sont des conditions d’enseignement qui favorisent une multiplication des situations de violences verbales et physiques dans les écoles »

Un mobilisation réussie
Un enseignant du premier degré sur cinq était en grève ce mardi 27 janvier en Ille-et-Vilaine.
300 d’entre eux sont venus protester devant le Rectorat, à Rennes. Selon les élus CFDT du syndicat, l’État employeur manque à son devoir de protection de ses personnels en laissant les enseignants exercer dans des conditions dégradées.
>Le syndicat dénonce une défaillance du service public d’éducation, dans la protection et comme dans les apprentissages des élèves, en particulier les plus fragiles.
86 suppressions de postes dans le premier degré, pour l’académie de Rennes à la rentrée 2026
À cette situation déjà tendue s’ajoute une annonce de suppressions de postes. La veille de la mobilisation, les organisations syndicales ont appris que 86 postes d’enseignants du premier degré seront supprimés sur l’ensemble de la Bretagne.
Ce à quoi s’ajoute la suppression de 131 postes dans le second degré.
« C’est un très mauvais signal que l’État envoie aux agents. 87 postes en moins, c’est du jamais vu depuis 2012 ».
Pour la CFDT, cette décision est d’autant plus incompréhensible que l’académie de Rennes figure parmi les moins bien dotées de France. Le taux d’encadrement, c’est-à-dire le nombre de professeur pour 100 élèves, est l’un des plus mauvais de France. L’académie de Rennes se situe à la 18eme position sur 23 académies métropolitaines. « La CFDT s’opposera à toute suppression d’emplois d’enseignants dans les écoles du département », prévient le secrétaire général.
La Rectrice a refusé à ce stade les demandes d’audience de l’intersyndicale du premier degré. À l’occasion du CSA Académique, la Rectrice a assuré les organisations syndicales ne pas défendre les suppressions de postes, tout en rappelant la nécessité de faire avec. Elle indique avoir alerté le ministère sur le risque d’une situation qui pourrait exploser dans les écoles.
Un mal-être massif que révèle jour après jour le registre Santé et Sécurité au Travail
Pour étayer leur alerte auprès du rectorat, les représentants de la CFDT s’appuient sur les données du registre de santé et sécurité au travail de l’académie.
Depuis le 1er septembre on enregistre 1733 fiches de signalements, dont 80% concernent le premier degré. Parmi elles, 52%, soit 914 fiches, émanent de l’Ille-et-Vilaine.
Les représentants syndicaux présents devant le Rectorat ont lu une partie de ces fiches devant les personnels et parents d’élèves rassemblés. Toutes témoignent d’une grande souffrance vécue au quotidien.
« Depuis quelques semaines, je vais travailler dans un état d’épuisement, aussi bien moral que physique. Je ne parviens plus à fournir les multiples adaptations qui permettraient aux enfants de progresser. Les tâches administratives se cumulent, réduisant mon temps de préparation de classe. Je me sens bien seule devant l’immensité des besoins. …/… Je n’ai jamais ressenti dans ma carrière un tel épuisement, un tel dépit. »
Ce type de fiche arrive quotidiennement sur le bureau des élus du personnel.
LA CFDT EXIGE DES MESURES DE LA PART DU RECTORAT !
Attachée au principe d’école inclusive, la CFDT estime cependant que celle-ci ne peut fonctionne sans moyens suffisants. « La CFDT revendique une augmentation du nombre de personnel d’AESH et une augmentation du nombre de prises en charge au sein des dispositifs spécialisés. Enfin, nous avons besoin de postes d’enseignants à la hauteur des besoins pour la future carte scolaire, qui prennent en compte les difficultés spécifiques du département », poursuit Luc Grimonprez.