Lettre ouverte de l’intersyndicale premier degré 35 à la rectrice

Nous avons demandé à plusieurs reprises à être reçus par Madame la Rectrice, à ce jour notre demande est restée lettre morte. Nous avons donc décidé en intersyndicale de rédiger cette lettre ouverte.

En Bretagne, et plus particulièrement dans le département d’Ille-et-Vilaine, le constat est alarmant :

élèves non accompagné·es faute d’Accompagnant·e d’Élève en Situation de Handicap (AESH) ou en attente de place dans un Institut Médico-Éducatif (IME) ou dans un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (ITEP),

classes surchargées,

augmentation du nombre d’élèves présentant de grandes difficultés,

augmentation du nombre d’élèves présentant troubles du comportement ou d’autres besoins particuliers,

violences voire agressions verbales et physiques.

Cette réalité place les enseignantes et enseignants du premier degré, les AESH et les élèves dans des situations intenables et épuisantes.
L’Ille-et-Vilaine concentre plus de la moitié des fiches Santé Sécurité au Travail (SST) de l’académie, principalement issues du premier degré.
L’école, alors même qu’elle tente de compenser, à moyens constants, des carences qui la dépassent, devient le réceptacle des souffrances de la société, sans accompagnement ni formation suffisante pour ses personnels.

Ces carences sociales affectent également les familles et les enfants.

L’État employeur manque ainsi à son devoir de protection des personnels, les laissant exercer dans des conditions dégradées, parfois au détriment de leur santé physique et mentale.

De la même manière, l’État service public d’éducation, manque à son devoir de protection et d’éducation des élèves à commencer par les plus fragiles.

C’est pour toutes ces raisons que les organisations syndicales (CFDT EFRP Bretagne, CGT Éduc’action 35, FSU-SNUIPP 35, SE-Unsa 35, SNUDI FO 35, SUD Éducation 35) ont appelé les personnels à se mobiliser et, qu’avec la FCPE35, nous vous avons fait parvenir une demande d’audience pour le mardi 27 janvier 2026, puis une nouvelle demande pour le mercredi 4 mars 2026.

Chacune de ces demandes précisait que nous voulions être reçus par vous-même.

Or, vous nous avez, successivement, répondu d’échanger avec Monsieur le DASEN d’Ille-et-Vilaine, Madame la responsable du dialogue social ou Monsieur le Chef de Cabinet du rectorat !

Si nous avons pris le soin de préciser que nous voulions vous rencontrer en personne, c’est parce que nous avons déjà régulièrement des échanges avec Monsieur le DASEN d’Ille-et-Vilaine, dans le cadre du Comité Social d’Administration Spécial Départemental (CSA-SD), ainsi qu’au sein de la Formation Spécialisée en matière de Santé, sécurité et des Conditions de Travail Spéciale Départementale (FS SSCT-SD).

Ces échanges, dans les enveloppes contraintes dédiées à l’Ille-et-Vilaine, n’ont pas permis d’obtenir d’améliorations significatives de ces constats.

Ainsi l’appel à la grève des organisations syndicales, le 27 janvier, a suscité une mobilisation importante des enseignant·es, AESH, et personnels territoriaux.

Ce sont plus de 300 personnes qui se rassemblées devant le rectorat pour montrer leur souffrance au travail.

Des suppressions de postes qui aggravent encore la situation

Depuis, le couperet est tombé : 29 suppressions de postes sont prévues en Ille-et-Vilaine, auquel il faut ajouter les 7 suppressions de postes qui vont être utilisés pour mettre en place des pôles d’appui à la scolarité (PAS).

Cette décision catastrophique n’est pas qu’un chiffre abstrait. Elle se traduira concrètement par des fermetures de classes en série, des effectifs qui explosent dans les classes restantes, des élèves en difficulté qui ne pourront plus être accompagné·es correctement et qui seront de plus en plus nombreux et nombreuses par classe, ainsi que des enseignant·es épuisé·es qui croulent sous le travail, alors que la baisse démographique devrait être l’occasion d’améliorer les conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves.

Nous refusons d’assister passivement à cette destruction programmée de l’école publique.

Nous revendiquons :

Le respect des notifications de la MDPH et recrutement d’enseignant·es spécialisés à hauteur des besoins, augmentation du nombre de prises en charge au sein de dispositifs spécialisés, renforcement des RASED

Une dotation à la hauteur des besoins pour la carte scolaire 2026, prenant en compte les difficultés spécifiques du département (taux d’encadrement parmi les plus faibles au niveau national). Cela passe par une opposition à toute suppression d’emplois d’enseignant·es dans les écoles d’Ille-et-Vilaine.

Un plan d’urgence pour la santé mentale des élèves et des personnels.

L’école publique mérite infiniment mieux que ces coupes budgétaires à répétition qui l’affaiblissent année après année.

Les élèves ont besoin et ont le droit à des classes avec des effectifs raisonnables qui permettent un enseignement de qualité.

Les enseignant·es méritent des conditions de travail dignes qui leur permettent d’exercer leur métier correctement, sans s’épuiser.

Chaque poste supprimé, c’est un peu plus de notre capacité à bien faire notre travail qui disparaît.

L’avenir de l’école publique se joue maintenant.

Dans l’attente d’une proposition de rencontre, soyez assurée, Madame la Rectrice, de notre profond attachement au service public d’éducation

Les Organisations syndicales CFDT EFRP Bretagne – CGT Éduc’action 35 – FSU-SNUIPP 35 – SE-Unsa 35- SNUDI FO 35 – SUD Éducation 35 et la FCPE 35