Repas à 1 € : une avancée sociale qui exige des moyens pour les CROUS

La généralisation du repas à 1 € pour l’ensemble des étudiants dans les restaurants universitaires constitue une mesure importante de lutte contre la précarité étudiante.

Une avancée sociale pour les étudiants mais à quel prix pour les personnels ?

Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, cette avancée sociale ne fait pas débat sur le principe.
Dans un contexte de vie chère et de fragilisation d’une partie croissante des étudiants, l’accès à une restauration universitaire à bas coût est utile, légitime et nécessaire.
Mais la réussite de cette mesure dépendra directement des moyens réellement accordés aux CROUS.

Un premier recul du gouvernement obtenu par la CFDT :

Suite à l’intervention de la CFDT auprès du ministère le 11 février 2026, le gouvernement a revu à la hausse le budget initialement prévu pour financer la généralisation du repas à 1 €. Le budget annoncé pour 2026 était initialement de 30 millions d’euros. Il a finalement été porté à 50 millions d’euros. C’est une avancée et c’est aussi la preuve que l’intervention syndicale est utile.

Des moyens qui restent inférieurs aux besoins réels du réseau des CROUS.

Les estimations portées par la CFDT montrent qu’il faudrait au minimum :

  • 35,2 M€ pour la compensation tarifaire du repas à 1 € ;
  • 9 M€ pour financer 300 équivalents temps plein travaillés (ETPT) indispensables sur la période mai-décembre 2026 ;
  • 12 M€ minimum pour les investissements nécessaires.

Soit 56,2 millions d’euros minimum.

Des équipes déjà sous tension:

La généralisation du repas à 1 € n’est pas seulement une mesure tarifaire. C’est un défi humain, organisationnel et budgétaire majeur pour les CROUS.

Quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur de la situation :

En 25 ans, le nombre de points de restauration est passé de 287 à 967 (+240 %) ; dans le même temps, les effectifs n’ont augmenté que de 7 %.

Les équipes fonctionnent donc déjà avec des moyens humains très contraints. Dans de nombreux établissements, les agents assurent au quotidien la continuité du service public malgré des effectifs limités, une charge de travail élevée et un recours croissant à des formes d’emploi précaires.
Dans ces conditions, la généralisation du repas à 1 € entraînera nécessairement une augmentation de la fréquentation des restaurants universitaires, et donc de l’activité.

Sans moyens supplémentaires, le risque réel est de voir apparaître plusieurs choses :

  • une dégradation des conditions de travail,
  • une augmentation de la précarité dans les équipes,
  • une fragilisation de la qualité du service public rendu aux étudiants.

Des emplois indispensables pour faire fonctionner la mesure :

Lors du CSA commun du CNOUS du 10 mars, l’analyse du schéma d’emplois a montré que seuls 19 équivalents temps plein travaillés (ETPT) restaient disponibles à l’échelle nationale.

Cette marge est très loin de répondre aux besoins du terrain.

C’est pourquoi les organisations syndicales ont adopté une motion demandant la création d’au moins 300 emplois supplémentaires, afin de permettre la mise en œuvre du repas à 1 € sans dégrader les conditions de travail des agents ni la qualité du service rendu aux étudiants.

Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques , la réussite de cette mesure suppose :

  • des emplois pérennes,
  • des moyens matériels adaptés,
  • une reconnaissance réelle du travail des agentes et agents des CROUS.

La solidarité vis à vis des étudiants ne doit pas se faire sur le dos des personnels.

Soutenir les agents des CROUS : signer la pétition :

Afin d’obtenir les moyens nécessaires, une pétition nationale est actuellement en ligne.

Les signataires demandent :

  • des créations d’emplois pérennes en nombre suffisant,
  • la prise en compte effective de la santé et des conditions de travail des agents,
  • un plan pluriannuel d’investissement pour développer les capacités de restauration universitaire.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques s’est fixé un objectif clair : atteindre 15 000 signatures pour porter ces revendications auprès du ministère.

Signer la pétition pour soutenir notre action en faveur des conditions de travail des agent·es des CROUS ICI

Signer cette pétition, c’est défendre :

  • un service public de restauration universitaire accessible,
  • la santé, la dignité et la reconnaissance des agentes et agents des CROUS,
  • des politiques sociales responsables et soutenables

Le repas à 1 € est une promesse faite aux étudiants, il faut donner aux CROUS les moyens de la tenir