2nd degré dans les Côtes d’Armor : faire des économies sur le dos des élèves, des collègues et de la société

Déclaration de la CFDT pour le Comité Social d'Administration des Côtes d'Armor le vendredi 27 mars

Tout d’abord, merci pour la qualité des échanges lors du groupe de travail de ce jeudi. La
CFDT tient aussi à saluer la stratégie adoptée par la Direction Académique : privilégier les
suppressions d’équivalents temps plein aux suppressions systématiques de postes dont les
conséquences auraient été encore plus désastreuses.

Encore une dégradation des conditions d’apprentissage et de travail

Mais malgré cet effort, nous constatons une nouvelle dégradation des conditions
d’apprentissage et de travail : 15 postes supprimés au collège, autant d’équivalents temps plein
supprimés, 21 en LGT et en LP. 360 BMP, 135 compléments de service dont 50 en deçà de 4h. La
politique éducative mise en œuvre par notre ministère garde son cap, celle des économies
budgétaires, celle du tableau Excel qui s’impose au réel. La politique de l’effritement des postes
jusqu’à leur disparition perdure. Le dernier arrivé dans une équipe est de fait sur un siège
éjectable. Le mouvement se grippe, le système se bloque.

Incohérence

Cette politique éducative sans moyens entre en conflit avec un discours institutionnel
toujours aussi ambitieux qui prône l’exigence des apprentissages et la réussite pour chaque élève,
qui encense les personnels sans mettre en cohérence les discours et les moyens. Système
schizophrène qui dissocie le réel et le propos. Comment faire confiance à un tel système ?
Comment faire confiance à une institution qui à quelques jours de la remontée des DGH
annonce aux chefs d’établissement qu’ils ne doivent pas prendre en compte les décharges telles
que celles de la DRAEAC, de l’INSEAC, de l’INSPE fragilisant ainsi des postes et plongeant
chefs établissement, collègues porteurs de décharge et collègues en établissement dans une grande
inquiétude ? Et comment accepter de voir des postes supprimés ou déstablisés parce-qu’on
impose deux heures supplémentaires à chaque collègue à temps plein ?

Franchir les limites

Comment faire confiance à un système qui ne se soucie pas du maintien de l’offre de
formation, du dépassement du seuil de 30 élèves au collège et de 35 au lycée alors que la
population de nos classes est plus diversifiée et plus en difficulté qu’auparavant.

Comment faire confiance à un système qui ne pose à l’enseignement privé -que l’on devrait peut-
être nommer semi public au vu des subventions qui lui sont alloués- aucune condition relative à la sélection de son public, soutenant ainsi un système directement concurrentiel au nôtre.

Comment faire confiance à un système qui ne se soucie pas de garantir aux établissements la
possibilité de maintenir une offre de formation un peu riche et la mise en œuvre réelle de la
réforme du lycée ?
Enfin comment faire confiance à un ministère qui ne voit dans la baisse démographique
qu’une opportunité d’économie budgétaire ?

Le véritable coût des suppressions

La CFDT estime que ces économies ont un coût majeur pour les élèves, pour les familles, pour les
collègues enseignants, pour tous les personnels, et plus globalement pour notre avenir commun.
Ces économies nous coûtent au quotidien et nous coûteront à l’avenir encore plus. Bref, ces
économies budgétaires à très court terme ont un coût humain élevé dont les centaines de fiches
Santé et Sécurité au Travail ne sont qu’une partie visible. La CFDT rejette cette politique
éducative sans moyens et sans ambitions.