Logements de fonction dans les établissements bretons : sortir des caricatures pour répondre aux besoins du service public

En réaction à l'article publié par Ouest-France le 15 juin 2026, intitulé « Dans les collèges et lycées bretons, le boulet des logements de fonction », la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne souhaite rappeler plusieurs réalités souvent absentes du débat public

En réaction à l’article publié par Ouest-France le 15 juin 2026, intitulé « Dans les collèges et lycées bretons, le boulet des logements de fonction », la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne souhaite rappeler plusieurs réalités souvent absentes du débat public : les obligations de sécurisation des établissements scolaires et la répartition des rôles entre l’Etat et la Collectivité territoriale.

Les chefs d’établissement ont en charge la sécurité des biens et des personnes tout au long de l’année. La collectivité, Région, Département, en tant que propriétaire, doit assurer l’entretien du parc immobilier.

Jean-François JACOPIN, proviseur, de la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne déclare :

« Le véritable problème n’est pas la présence ou non des personnels de direction dans les logements de fonction, mais l’absence d’une actualisation de la répartition des rôles entre l’Etat et la collectivité, d’une réflexion sur le rôle de ces logements de fonction en ce début de XXIème siècle. »

Les obligations d’astreinte imposent une présence de proximité qui n’est pas ignorée

L’article laisse entendre que les personnels pourraient librement renoncer aux logements de fonction. Cette présentation est inexacte. Les personnels concernés sont soumis à des obligations d’astreinte qui nécessitent une intervention rapide en cas d’incident, d’urgence technique ou de problème de sécurité dans les établissements. L’existence d’une dérogation au logement ne supprime en rien ces obligations. Mais ni l’Etat, ni la collectivité ne précise qui doit intervenir et dans quel cas. La tempête Ciaran a su nous le rappeler. La collectivité semble attendre des cadres de l’Education Nationale qu’ils deviennent des gardiens d’immeuble tout au long de l’année. Est-ce la mission d’un·e proviseur·e ou principal·e, cadre de l’Education Nationale ? Notamment dans une époque où les nouveaux outils numériques permettent, en partie, d’assurer les obligations de sécurité, d’astreinte à distance ?

Des logements de fonction qui répondent à des obligations de mobilité

Les personnels de direction du réseau public ont une obligation de mobilité entre 3 et 9 ans d’exercice sur un poste. Ces logements permettent aussi de garantir la présence de chefs d’établissement sur l’ensemble du territoire. Les réalités du marché immobilier breton sont extrêmement contrastées. Si certaines zones permettent de trouver des solutions de logement accessibles, ce n’est absolument pas le cas partout.

Aussi supprimer des logements de fonction sans concertation ni analyse rendra difficile l’affectation de personnels de direction dans certains lieux. Ces logements favorisent aussi l’accès à certaines fonctions à de nombreux collègues en début de carrière comme lors de mutations

Anne Delissnyder, cheffe d’établissement, de la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne déclare :

« L’existence de logement m‘a permis d’exercer dans 4 établissements différents partout en Bretagne notamment dans des zones géographiques ou dans des structures peu attractives »

Un parc immobilier vieillissant qui appelle un véritable plan de rénovation

Une grande partie des logements de fonction a été construite il y a quarante à cinquante ans, en même temps que les établissements scolaires. Faute de rénovations énergétiques suffisantes, beaucoup ne répondent plus aux standards actuels de confort et de performance énergétique. Isolation phonique insuffisante, systèmes de chauffage vieillissants, consommation énergétique élevée contribuent à rendre ces logements peu attractifs pour les personnels.

Mieux utiliser les logements de fonction vacants plutôt que remettre en cause leur existence

Des solutions existent déjà pour éviter que des logements restent inoccupés. Les conventions d’occupation précaire permettent de les mettre temporairement à disposition d’autres personnels lorsque les bénéficiaires réglementaires ne les occupent pas. Solution qui est appliquée dans la plupart des établissements.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne a également proposé que ces dispositifs puissent être mobilisés afin de permettre l’accueil rapide de personnels victimes de violences conjugales. Cette mesure concrète répond à des besoins humains et sociaux immédiats et illustre l’utilité que peuvent avoir ces logements lorsqu’ils sont intégrés à une véritable politique publique de solidarité.

Le débat ne doit pas opposer les personnels aux contribuables. La question n’est pas de savoir s’il faut supprimer les logements de fonction, mais comment les rénover, les adapter aux besoins actuels et les mobiliser au service des personnels, des établissements et des territoires.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Bretagne appelle l’État, le rectorat, la Région Bretagne et les Départements bretons à ouvrir une concertation afin de définir une politique cohérente de répartition des rôles et donc des logements de fonction, conciliant la continuité du service public, les contraintes professionnelles des personnels et les réalités territoriales bretonnes.