1er degré en Côtes d’Armor : nous sommes inquiets (CSA SD 26 mars 2026)

Déclaration de la CFDT au comité social départemental (CSA SD) du 26 mars 2026

Nous sommes inquiets.

Nous sommes inquiets parce que nous remontent des écoles des signaux alarmants, extrêmement préoccupants. Nous sommes inquiets parce que nous continuons de voir au quotidien des conditions de travail se dégrader. Parce que de nombreux élèves sont en attente d’accompagnement, faute d’AESH en nombre suffisant. Parce que dans des classes, les enseignants sont confrontés à de plus en plus d’élèves en grande précarité sociale ou présentant des troubles du comportement ou ayant des besoins éducatifs particuliers. Parce que ce sont des conditions d’enseignement qui favorisent la multiplication des situations de violences, verbales et physiques, à l’égard des personnels comme des autres enfants.

Nous sommes inquiets parce qu’en réponse à ces inquiétudes, 86 postes seront supprimés en Bretagne, 16 dans notre département, et que notre académie est déjà bien mal dotée, figurant au 18e rang seulement sur 23 académies métropolitaines.

Nous sommes d’autant plus inquiets que nous voyons s’empiler par centaines des fiches de signalement au registre de santé et sécurité au travail dont 80% concernent le premier degré. Et que toutes témoignent d’une grande souffrance vécue au quotidien. Nous sommes inquiets pour cette collègue qui nous dit que depuis quelques semaines, elle va travailler dans un état d’épuisement, aussi bien moral que physique. Qu’elle ne parvient plus à fournir les multiples adaptations qui permettraient aux enfants de progresser. Que les tâches et obligations administratives se cumulent, réduisant son temps de préparation de classe. Elle se sent bien seule devant l’immensité des besoins. Elle n’a jamais ressenti dans sa carrière un tel épuisement, un tel dépit. Elle est inquiète pour sa santé…

 

Et puis nous sommes inquiets aussi parce que devant les projections démographiques,

nous avons besoin d’un dialogue social de proximité, que la CFDT réclame depuis longtemps, pour affronter la baisse du nombre d’élèves. Parce que faute de dialogue social, les décisions prises risquent fort d’être brutales. Parce qu’un dialogue de qualité ne se cantonne pas à des discussions avec les mairies, il doit aussi mettre dans la boucle les représentant·es des personnels et plus largement les collectivités territoriales pour penser la continuité des études. Nous sommes vraiment inquiets parce que nous nous sentons mis à l’écart, court-circuités, devenus de modestes auditeurs d’un monologue pas très social. Parce que sans le projet de carte scolaire, mais avec des effectifs remontés par les directeurs en novembre dernier, pas actualisés, nous savons que nous ne pourrons pas faire au mieux.

Nous sommes sincèrement inquiets parce que nous pensons que notre école, celle de la République, dans le contexte que nous connaissons actuellement, mérite mieux que des coupes budgétaires, mieux qu’un plan social qui ne dit pas son nom.

Elle mérite au contraire :

– des classes à effectifs réduits,

– une formation à la hauteur des exigences et des défis qui se présentent à nous, liés à l’évolution de la société et donc de l’école,

– des moyens pour que l’école inclusive ne soit pas seulement une ambition, mais une réalité,

– des conditions de travail dignes et favorables qui permettront de donner et recevoir le meilleur et qui redonneront à ce métier essentiel une attractivité nécessaire.