AESH : augmenter le temps de travail, être remplacée et mieux formée

Une équipe du rectorat composée de Françoise Dutertre, responsable du dialogue social, Corinne Gontard, conseillère technique du recteur sur l’école inclusive, Dominique Pauvert, cheffe du SAADEI (service dédié à la paie et au suivi RH des AESH) a reçu la CFDT à sa demande le 4 février 2025

PLAN METIER ET RECONVERSIONS POSSIBLES DES AESH

Durant le Comité Social Académique, Mme Gontard avait évoqué des possibilités de validation des acquis de l’expérience permettant à des AESH de se tourner vers le métier d’éducatrice spécialisée. dans le cadre de travaux du comité technique interministériel en mai 2024.

Les AESH pourraient valider des « unités de valeur » permettant le passage vers ce métier.

Nous avons voulu en savoir plus. Beaucoup de collègues cumulent de l’ancienneté dans leurs fonctions et pourraient être intéressées par cette passerelle. .

Mme Gontard confirme qu’il y a bien un plan métier piloté par la Direction Générale des Ressources Humaines (DGRH) ….mais qu’il est en attente. Ce serait en lien avec les PAS développés d’ici 2027. Chaque PAS bénéficierait de l’expertise d’un·e éducateur·ice spécialisée. On ne sait pas à ce stade si c’est l’Education Nationale qui créerait un nouveau métier – éduc spé de l’EN – ou s’il s’agirait d’éduc spé rattaché·e au médico-social comme c’est le cas actuellement.

Mme Gontard rappelle qu’il est possible d’accéder actuellement au métier de monitrice/moniteur éducateur/éducatrice (Moniteur-éducateur / Monitrice-éducatrice – Onisep).

QUOTITE DE CONTRAT SUR PAUSE MERIDIENNE

Nous avons voulu savoir combien d’AESH bénéficiaient d’augmentation de quotité en raison de la prise en charge sur pause méridienne.

550 AESH ont bénéficié de cette augmentation de quotité ; certaines ont refusé. En moyenne l’augmentation est de 4h. Ces collègues ont eu un avenant à leur contrat.

J’ai demandé comment le rectorat avait financé ce surcroît. L’augmentation du nombre d’emploi à la rentrée a permis de le financer.

Mme Pauvert insiste sur ce que cela représente. Ce passage de 62 à 70% se traduit par une augmentation du salaire de base mais aussi par une augmentation de l’indemnité de fonction, de l’SFT (supplément familial de traitement pour les AESH qui y ont droit). Elle souligne que cette augmentation couvre également le temps des vacances sachant que toutes les académies n’ont pas fait ce choix – une académie voisine l’arrête au moment de vacances…

Nous avons voulu savoir dans quelle proportion cette nouvelle disposition avait fait diminuer le nombre d’AESH à 62%. Comme la disposition – avec effet rétroactif – n’a commencé qu’en novembre, il est trop tôt pour en mesurer l’effet. Actuellement la proportion d’AESH à 62% reste stable, 80%.

AUGMENTATION DE QUOTITE

Au titre de la CFDT, je souligne le faible nombre d’établissements qui augmente le temps de travail des AESH alors qu’il est tout à fait possible dans un établissement du 2nd degré de le faire. Les collègues AESH mais aussi les personnels de direction, les coordo PIAL et pilotes PIAL semblent souvent croire que ce n’est pas possible.

Bien évidemment, nous avons conscience qu’il ne s’agit que d’une possibilité transitoire par avenant sur un an. Mais bon nombre de collègues aimeraient en bénéficier !

Les interlocutrices du rectorat confirment que non seulement c’est possible mais souhaitable quand une notification individuelle augmente.

J’insiste pour faire davantage connaître cette possibilité. Mme Gontard cite les 8 PIAL du Finistère (sur 130) qui séparent le 1er et le 2nd degré. En effet, dans les PIAL 1er degré, l’augmentation de quotité n’est pas possible. Pour la CFDT, si les collègues sont prévenues et peuvent postuler en toute connaissance de cause, ce n’est pas forcément gênant.

En revanche, ce qui l’est, c’est que la permutation entre le 1er et le 2nd degré entraîne de facto des contrats à 24h rarement revus à la hausse.

REMPLACEMENT ET NOMBRE DE POSTES

Nous faisons remonter les difficultés générées par l’absence de personnel dédié aux remplacements et à la discrimination sociale que cela génère. Quand l’AESH a un arrêt maladie ordinaire, la plupart du temps cela se gère en interne. Mais il arrive qu’il y ait des situations plus complexes, sans que ce soit un congé de longue durée, où les élèves n’ont pas de prise en charge pendant des mois. Les familles les plus tenaces confrontées à ce type de cas protestent et obtiennent des solutions. Les enfants dont les parents ne sont pas en mesure de réagir ainsi se retrouvent sans aide.

Le rectorat nous indique qu’aucune académie n’a actuellement de brigade de remplacement. Nos interlocutrices soulignent qu’en cas de Congé Longue Maladie il y a tout de même recrutement pour pallier l’absence longue. Les recrutements se faisant sur 3 ans, il n’est pas possible de recruter sur un contrat court pour le remplacement.  Elles indiquent également qu’il ne serait sans doute pas facile de recruter sur de telles missions. Et qu’il ne serait pas facile non plus pour les AESH remplaçantes d’accompagner des élèves.

Par ailleurs, le plafond d’emploi n’est pas atteint. Autrement dit, il manque encore des AESH. Effectivement, quand il y a encore des enfants sans accompagnement, comment mettre de côté des postes pour le remplacement ?

Les recrutements se font au fil de l’eau, au niveau départemental les collègues déposent leur CV via Virtuo, la plateforme de recrutement de l’Education nationale (Virtuo – toutatice.fr et Trouver une offre)  ou dans les PIAL. Une rapide consultation pourtant ne montre que deux offres pour toute l’académie de Rennes dans le Morbihan.

Le rectorat estime le turn-over limité. Depuis septembre il y a eu 186 démissions sur 7000 personnes, l’an dernier il y en avait eu 190. 55% des collègues sont en poste depuis 5 ou 6 ans.

FORMATION

Nous faisons remonter des critiques que nous entendons souvent sur la formation initiale. 60h de formation, c’est peu mais c’est surtout trop peu d’heures en présentiel, seulement la moitié. Nous indiquons que la formation sur magistère joue un rôle bien limité. Qu’il faudrait que les collègues AESH soient mises en contact les unes avec les autres au sein des bassins, avec leur référente et qu’apprendre ensemble est plus efficace. Nous rappelons également l’importance des formations inter catégorielles. La formation à distance ne devrait être qu’un prolongement de la formation en présence.

Corinne Gontard précise que cette formation remonte à déjà plusieurs années. Elle partage notre analyse sur le rôle du distanciel et annonce une refonte de la formation vers des modules, des capsules plus courtes et plus accessibles. Magistère va laisser place à Magistère 2. Par ailleurs, il y a eu du nouveau dans le système d’inscriptions auquel tout le monde doit s’habituer. Ndlr : pour rappel, pour trouver les dispositifs de formation, il faut aller dans Toutatice sur Arena qui donne accès à toutes les applications Métiers. Puis il faut ouvrir l’onglet à gauche gestion des personnels pour trouver SOFIA-FMO (ouf). Ensuite il faut s’abonner à une formation (ce qui ne signifie pas s’y inscrire), et confirmer son intérêt quelque temps plus tard en s’inscrivant définitivement.

VADEMECUM

C’est un travail en cours pour les coordo et pilotes afin d’avoir une meilleure harmonisation des pratiques professionnelles.

Le LPI (Livret de Parcours Inclusif) devra être dans l’avenir l’outil à privilégier mais ce ne sera pas opérationnel avant 2027. Cela permettra d’avoir des échanges sécurisés pour gérer de façon sécurisée les élèves et les affectations des AESH, visualiser au jour le jour les enfants sans affectation. La difficulté est que les notifications arrivent chaque jour et qu’il faut s’adapter en permanence. Pour les familles, le LPI permet également un accès sécurisé.

Elle concède l’aspect chronophage de la saisie pour les élèves qui ont déjà leurs notifications et préconise de n’utiliser l’outil que pour entrer les nouvelles notifications. Elle indique qu’il y a de nombreuses ressources sur la plateforme pour accompagner les élèves et conseille de les consulter.

PRISE EN CHARGE DES AESH

Le SAADEI a déménagé dans les locaux de la direction départementale d’Ille et Vilaine. Au rectorat, le service était éclaté. Une vingtaine de personnes s’occupent en priorité de la paie des collègues et des Ressources Humaines. Cela ne comprend pas les questions d’affectation gérées par les coordo et pilotes. D’après Mme Pauvert, le nombre de personnes du service convient pour la mission.