Baisse démographique, suppressions de postes et manque de dialogue social

Déclaration liminaire du sgen-CFDT Bretagne lue au Conseil Académique de l'Education Nationale du 28 novembre 2024

Baisse démographique et choix politiques

L’école et ses personnels ne vont pas bien. En témoignent les milliers de fiches SST remplies par nos collègues dans l’académie. En témoignent aussi les démissions, les ruptures conventionnelles et les difficultés de recrutement.
Les conditions de travail des personnels se sont fortement dégradées ces dernières années. L’école est le réceptacle des violences sociales et sociétales, au premier rang desquelles les inégalités qui se creusent toujours plus.
Souvent mise au centre du débat public par des responsables politiques qui lui demandent un jour de résoudre toutes les tensions de la société et qui le jour suivant insultent celles et ceux qui font l’école au quotidien.

Le gouvernement aurait pu profiter de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’exercice des personnels et les conditions d’apprentissage des élèves. A la place il fait le choix de supprimer massivement des postes en particulier dans le premier degré, là où tout commence.

Nous sommes certes obligés de tenir compte de la baisse démographique. Mais il y a aussi un enjeu collectif majeur à recoudre le tissu social et à cultiver le vivre ensemble pour apaiser les tensions . Ce devrait être le projet de toutes et tous aux côtés des équipes éducatives.
Cette baisse d’effectif va donc servir de justification une fois encore à la suppression de postes dans notre académie. Nous n’en connaissons pas encore l’ampleur  mais nous ne nous attendons pas à une bonne nouvelle.
Si le nombre d’élèves par classe en primaire a légèrement baissé ces dernières années , il reste en France très au dessus de la moyenne de l’OCDE.

Encore une fois ces suppressions de postes entraineront des fermetures de classes, des fermetures d’écoles…Encore une fois nous déplorons que la réflexion globale sur le maillage scolaire de notre académie, sur l’accessibilité pour toutes et tous à une école publique de qualité et de proximité  ne soit pas conduite collectivement avec tous les partenaires concernés.

Le CAEN pourrait être le lieu de cette réflexion collective et nécessaire. Ses membres y seraient peut être alors plus assidus.

Concurrence déloyale

Au regard de la place importante de l’enseignement privé dans notre académie dans ce contexte de baisse démographique , il faut repenser aujourd’hui la  question des places respectives des deux réseaux. Il est plus que jamais nécessaire de lutter contre les séparatismes qui nourrissent la méfiance réciproque et les peurs.

Le rapport annuel sur l’état de l’école nous alerte sur ce séparatisme à l’œuvre. Nous assistons à une concentration de plus en plus forte des élèves de milieux favorisés et très favorisés dans les établissements privés. Cette proportion est passée de 43 à 56%  en 20 ans alors qu’elle est  restée stable dans le public, autour de 30%  (la proportion d’élèves de milieu défavorisée là encore stable à 44/43 % dans le public est passée de 27 à 18% dans le privé.) (1)

Les établissements privés sous contrat avec l’État perçoivent de l’argent public. A ce titre l’État doit leur imposer les même  contraintes qu’au service public à commencer par une obligation de mixité sociale.

Ces données doivent également nous conduire à interroger le choix qu’ a fait la région de construire une carte scolaire en complémentarité des réseaux.
Ainsi nous regrettons que dans les départements les jeunes n’aient pas accès à certaines formations dans le réseau public.

Et le dialogue social ?

Pour continuer sur la carte des formations, la CFDT soutient la démarche pluriannuelle engagée. Elle permet un travail de prospective et offrira une vue à moyen termes pour les établissements. Nous souhaitons rappeler ici la volonté de la CFDT de travailler dans le cadre d’un dialogue social constructif. Celui là même, qu’en cohérence nous appelons de nos vœux sur la carte scolaire.
Mais la manière de faire nous interroge sur la place de chaque acteur ainsi que sur l’espace de négociation possible.
En CSA Académique nous avons eu une présentation très rapide des grands axes guidant les choix, sans aucun document, pas même la liste des projets présentés par les établissements.  Le projet de carte des formations sur lequel nous sommes consultés aujourd’hui nous a été adressé alors que le CREFOP ne s’était pas encore prononcé.

Lors de la commission « Formation initiale » du 22 octobre, nos représentants n’ont pas eu la liste complète des demandes de baisses d’effectifs et des fermetures comme c’était le cas les années précédentes. Aux éclaircissements sur les critères de choix en cas de candidatures multiples, les réponses ont été plutôt évasives.

La CFDT soutient cette démarche. Nous pouvons entendre, qu’en raison de son caractère novateur, la 1ère année de mise en place soit un peu « compliquée ». Mais nous insistons sur la nécessité d’écouter et de travailler de concert avec tous les acteurs concernés.
Nous avons de larges marges de progrès en matière de dialogue social.

Merci de votre écoute,

(1) extrait de « l’état de l’école 2024 » (DEPP)