CANICULE : L’ECOLE N’EST PAS PRÊTE

Face aux épisodes de chaleur extrême, les réponses apportées par l’Éducation nationale restent largement insuffisantes. La CFDT EFRP Bretagne alerte sur une organisation défaillante qui laisse les équipes gérer seules des situations pouvant mettre en danger la santé des élèves.

32°C dans des classes de maternelle, des enfants de 4 ans qui font des malaises, des personnels qui achètent eux-mêmes ventilateurs et brumisateurs : l’école publique ne peut plus improviser face à la canicule.

Malgré les alertes adressées à la rectrice, les réponses apportées se limitent à des rappels de bon sens : boire de l’eau, éviter les activités en extérieur ou adapter les pratiques pédagogiques.

Ces consignes ne suffisent pas lorsque les températures rendent les locaux inadaptés à l’accueil des élèves.

UNE ORGANISATION QUI MONTRE SES LIMITES 

Les épisodes de chaleur extrême révèlent une chaîne de décision trop complexe dans le premier degré et un manque d’anticipation préoccupant. Les responsabilités se succèdent entre les services de l’État, les collectivités territoriales et l’Éducation nationale, sans que les personnels ne reçoivent une information claire et directe.

Une situation de crise ne peut pas reposer sur une succession d’intermédiaires et des décisions prises dans l’urgence.

DES ÉQUIPES LAISSÉES SEULES FACE À LA CHALEUR

Sur le terrain, les équipes improvisent : achat de ventilateurs sur leurs fonds personnels, brumisateurs apportés par les collègues, réorganisation permanente des espaces disponibles.

Dans une école maternelle rennaise, il faisait déjà 32°C à 12 h 30 dans des salles de classe. Les enfants ont dû être regroupés dans d’autres locaux, faisant à nouveau grimper la température. Un élève a présenté un malaise avec saignement de nez et douleurs abdominales alors que 41°C étaient attendus l’après-midi.

Pendant ce temps, certaines mairies prennent des décisions courageuses en fermant les écoles afin de protéger les enfants et les personnels.

LA CONTINUITÉ PÉDAGOGIQUE NE PEUT PAS ÊTRE UN ARGUMENT AUTOMATIQUE

La canicule n’est plus un événement exceptionnel. Chaque année, nous serons confrontés à ces épisodes de chaleur extrême.

L’institution invoque la nécessaire continuité pédagogique, mais peut-on réellement apprendre et faire travailler des enfants de 3 à 11 ans dans des salles de classe à 30, 32 ou 35°C ?

La continuité pédagogique ne peut pas se résumer à maintenir les portes des écoles ouvertes coûte que coûte. Encore faut-il que les enfants soient réellement en capacité d’apprendre.

Maintenir les écoles ouvertes ne peut pas devenir une réponse par défaut lorsque les conditions d’accueil ne garantissent plus la sécurité, le bien-être et les capacités d’apprentissage des élèves.

La CFDT EFRP Bretagne demande :

  • une chaîne de décision claire et des informations transmises directement aux personnels ;
  • un protocole académique anticipé pour les épisodes de fortes chaleurs ;
  • une adaptation du calendrier des examens, avec des épreuves organisées en matinée ;
  • un plan ambitieux de rénovation thermique des bâtiments scolaires, y compris pour les constructions récentes parfois mal adaptées aux fortes chaleurs.

La crise climatique est déjà dans les salles de classe.

L’école publique ne peut plus compter uniquement sur l’engagement des personnels pour compenser l’absence d’anticipation des pouvoirs publics.

Protéger les enfants et les personnels n’est pas une option : c’est une responsabilité collective qui ne peut plus attendre.