Le Comité Social d'Administration s'est tenu mardi 7 avril 2026. Voici la déclaration liminaire de la CFDT.
Des constats partagés
La CFDT souhaite faire entendre la colère des personnels face aux choix budgétaires imposés à notre académie. Nous souhaitons cependant aborder cette instance avec un esprit de responsabilité avec la volonté de contribuer à une réflexion collective permettant de préserver un service public d’éducation de proximité et de qualité sur l’ensemble du territoire breton.
Les évolutions démographiques sont une réalité que personne ne conteste. Elles appellent cependant, selon la CFDT, une réponse réfléchie, progressive et anticipée, et non une simple adaptation mécanique des moyens.
Notre académie est déjà identifiée comme sous-dotée au regard des indicateurs nationaux. Dans ces conditions, une réduction rapide des moyens risque d’aggraver les déséquilibres existants et de fragiliser encore davantage certaines écoles et certains établissements, en particulier dans les territoires ruraux ou périurbains.
La baisse démographique n’est pas un problème en soi, elle aurait même dû être une opportunité historique :
celle de réduire les effectifs par classe, d’améliorer l’accompagnement des élèves, de rendre enfin possible l’École inclusive dans de bonnes conditions, et de redonner du sens au travail des personnels.
Un véritable plan social
Au lieu de cela, le gouvernement choisi de supprimer des postes.
Des moyens en moins dans les écoles alors qu’elles sont déjà au bord de la rupture, les 86 suppressions de postes, auxquelles s’ajoutent les ponctions de moyens pour la mise en oeuvre des PAS. Ce sont au final plus de 110 classes qui disparaissent dans l’académie à la prochaine rentrée.
Ainsi, la baisse de 2 128 élèves en collège se traduit mécaniquement par la suppression de 181 ETP d’enseignement, confirmant une logique purement proportionnelle et aveugle aux besoins réels des établissements.
D’autres choix étaient possibles
Ce choix n’est pas neutre.
Il aura des conséquences directes et visibles dès la rentrée.
Des classes plus chargées.
Des dispositifs abandonnés.
Des projets pédagogiques fragilisés.
Des élèves moins accompagnés.
Des personnels encore davantage empêchés d’exercer leur métier.
Dans de nombreux collèges de l’académie, les effectifs dépassent déjà régulièrement les 30 élèves par classe. Dans ces conditions, parler d’amélioration du climat scolaire, de lutte contre le harcèlement ou de réussite pour tous relève désormais du discours incantatoire.
La réalité, sur le terrain, est connue :
Sur le terrain les personnels n’en peuvent plus.
Les fiches issues des registres santé et sécurité au travail se multiplient. Les situations de souffrance professionnelle s’aggravent. Les équipes éducatives se sentent abandonnées face à des missions toujours plus nombreuses et des moyens toujours plus restreints.
Dans ce contexte déjà dégradé, les suppressions de postes apparaissent comme une véritable provocation.
Nous le disons clairement : la démographie n’explique pas tout. Les choix politiques, expliquent beaucoup.
Et pendant que l’enseignement public voit ses moyens se contracter, l’écart entre enseignement public et privé continue de se creuser, accentuant les inégalités sociales et territoriales. Sans régulation ambitieuse, le risque d’un affaiblissement durable du service public d’éducation n’est plus une hypothèse théorique.
Il est urgent d’engager un travail prospectif
La CFDT demande depuis des années que s’engage un véritable travail prospectif partagé, associant l’ensemble des acteurs, afin d’anticiper les transformations à venir et d’éviter des ajustements successifs vécus comme brutaux par les équipes.
Ce travail prospectif devrait notamment permettre :
- d’identifier les territoires les plus fragiles au regard de l’évolution démographique ;
- de maintenir un maillage territorial garantissant l’accès de toutes et tous à une école publique de proximité ;
- d’adapter progressivement l’offre éducative sans déstabiliser les équipes ni les territoires ;
- de réfléchir collectivement à l’évolution des organisations pédagogiques et des moyens alloués.
Dans les établissements comme dans les écoles, les personnels expriment des attentes fortes en matière de conditions de travail, de reconnaissance professionnelle et de visibilité sur l’avenir. Il est plus que temps de définir une trajectoire lisible et partagée.
Une visibilité à long terme
Pour la CFDT , l’enjeu dépasse la seule préparation de la prochaine rentrée. Il s’agit bien de penser l’avenir du service public d’éducation dans notre région, dans un contexte démographique évolutif, tout en préservant les principes d’équité territoriale et d’égalité d’accès à l’éducation.
C’est pourquoi nous demandons :
- l’ouverture d’un travail prospectif au niveau académique sur les évolutions démographiques et leurs conséquences sur le service public d’éducation ;
- une concertation approfondie avec les représentants des personnels sur les évolutions de la carte scolaire et des moyens ;
- une vigilance particulière quant au maintien d’un service public d’éducation de proximité, notamment dans les territoires les plus fragiles ;
- l’utilisation de la baisse démographique comme levier d’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves et des conditions de travail des personnels ;
- une meilleure lisibilité pluriannuelle des moyens alloués aux écoles et aux établissements.
La CFDT réaffirme sa volonté de participer activement à une réflexion collective, exigeante et responsable, afin de construire des réponses adaptées aux évolutions démographiques tout en préservant un service public d’éducation ambitieux, accessible et de qualité pour toutes et tous
Nous le regrettons, mais la préparation de rentrée, telle qu’elle se fait aujourd’hui illustre une vision délétère de l’école : une école gérée à flux tendu, sous contrainte budgétaire permanente, au détriment des élèves et des personnels.
Nous refusons cette logique.
Nous refusons que la baisse démographique serve d’alibi à une politique de réduction des moyens.
Nous refusons que les personnels soient sommés de faire toujours plus avec toujours moins.
Mais nous le disons aujourd’hui avec gravité : sans moyens, il n’y aura ni réussite pour les élèves, ni conditions de travail acceptables pour les personnels.
merci pour votre écoute