Déconfinement : étape 2

La 2ème phase du déconfinement se traduit par la réouverture des collèges et lycées. En raison des normes sanitaires obligatoires les capacités d'accueil des écoles et des établissements scolaires restent limitées. Comment accueillir plus d'élèves et surtout faire revenir les décrocheurs ?

La situation actuelle implique non seulement de gérer les changements actuels, une réorganisation complète des établissements mais aussi de prévoir les étapes suivantes. Pour « raccrocher les décrocheurs » il faut non seulement utiliser le temps de l’été – et les ressources  et la rentrée de septembre afin

Un nombre d’élèves accueilli toujours restreint

Si le retour à une vie presque « normale » s’annonce, le déconfinement dans les écoles, collèges, lycées reste soumis au protocole sanitaire strict, en vigueur depuis le 11 mai.

Ainsi, le nombre d’élèves accueillis reste restreint, limité non seulement par l’application des règles sanitaires mais aussi par le choix laissé aux familles. Cependant, pour bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence (agents publics) ou du chômage partiel (salariés du secteur privé) pour garde d’enfant, les parents doivent désormais présenter une attestation de l’école prouvant qu’elle ne peut pas accueillir leur enfant.

Afin d’en accueillir plus, le ministère de l’Éducation nationale propose aux communes le dispositif 2S2C.  Il  prévoit d’offrir, en lien avec les partenaires éducatifs et en parallèle des temps de classe, des moments d’étude, des activités sportives ou culturelles, permettant à davantage d’enfants un retour à l’école.

 

Le dispositif 2S2C : Sport, santé, culture et civisme

Le dispositif 2S2C, Sport, santé, culture et civisme, complémentaire des activités scolaires, doit permettre d’assurer l’accueil d’un maximum d’élèves partagés entre classe, étude ou activités physiques et culturelles. Ce dispositif est opérationnel sur simple signature de convention entre une municipalité et l’État. L’Éducation nationale finance à hauteur de 110 € par jour l’encadrement d’un groupe de quinze élèves maximum.
Le personnel associatif ou municipal reçoit une rémunération pour développer des activités sportives ou culturelles à destination de ces élèves.
Ce dispositif testé en cette fin d’année scolaire particulière pourrait être reconduit voire étendu en septembre.

Pour le Sgen-CFDT, le développement des activités sportives et culturelles présenté dans le cadre du retour à l’école de tous les élèves soulève de nombreux problèmes.

Cela coûte cher aux municipalités. L’Éducation nationale pose ses directives de façon unilatérale. Il faut réussir à coordonner les actions en assurant la complémentarité enseignants-animateurs sportifs. Le manque de personnel peut se révéler aussi un frein à la mise en place du dispositif.

Ainsi, il convient de laisser aux personnels l’autonomie nécessaire pour préciser en équipe le rôle de chacun, le garantir et assurer la complémentarité des actions.

C’est pour le Sgen-CFDT, une occasion de réfléchir l’école autrement, avec les partenaires. Il faut intégrer aussi ces partenaires dans le cadre de la rentrée de septembre dont personne ne peut prédire la situation sanitaire.

Quel été ?

Les deux mois de confinement puis le déconfinement progressif ont éloigné les enfants les plus fragiles de l’école.

Des associations partenaires de l’école –  ATDQM, FCPE, RFVE – les fédérations CFDT Interco, Fep, F3C, Services partagent avec nous cette inquiétude.

Il s’agit pour tous de ne laisser personne au bord du chemin.

Il faut organiser le temps des vacances pour que tous profitent de l’été mais aussi pour préparer la rentrée.  Bien des ressources existent. Stages proposés en début et fin de congés et soumis au volontariat, colonies de vacances, centre de loisirs, animations culturelles et sportives …

A la rentrée…Deux scenarii, un même objectif : « raccrochage » !

Au delà de l’été, il faut donc penser la rentrée de septembre. Si le risque épidémique s’éloigne – ce que tout le monde souhaite – il faut prévoir des dispositifs spécifiques d’accompagnement. Accompagnement des collègues dans la gestion d’une hétérogénéité qui risque d’être accrue, accompagnement renforcé des élèves décrocheurs.

Mais si le risque épidémique revient, il convient de se pencher sur la question des cibles prioritaires. Quels élèves doivent prioritairement bénéficier de l’enseignement en présence ? Quelles améliorations de l’enseignement à distance tenables pour les personnels de l’Éducation nationale ? Autrement dit, comment faire pour ne pas laisser se creuser davantage des écarts déjà importants dans notre pays ?