Plan de formation 2021 : un enjeu fort

Lors du Comité Technique Académique du 17 juin 2020, nous avons débattu du projet de Plan de formation pour l'an prochain. La crise du covid19 a mis en lumière des enjeux forts de formation auxquels il est urgent de répondre.

Des constats largement partagés

Un paradoxe : offre riche mais jugée décevante par les personnels

Malgré un PAF comportant de très nombreuses formations,malgré un réseau de formateurs et formatrices très compétents, la plupart de nos collègues sont souvent déçus par l’offre de formations.

Nous avons pu malgré tout constater des progrès. Ainsi, l’offre de formations en direction des aesh a été améliorée. Comme l’an passé nous pourrons suivre des formations  ouvertes aux aesh comme aux enseignants sur l’inclusion et les besoins éducatifs particuliers. Mais cette année, le rectorat a considérablement enrichi l’offre réservée aux aesh avec 2200 places + 930 sur les formations inter-catégorielles.

Comment dès lors comprendre cette déception ? Toutes les organisations syndicales font ce constat unanimement. Les IPR ne le nient d’ailleurs pas.

Plusieurs raisons expliquent cette insatisfaction :

  • l’absence de choix véritable : un très grand nombre de stages se fait sur public désigné
  • le plan de formation répond mal aux aspirations des usagers dont les besoins sont mal identifiés
  • le plan de formation donne donc l’image d’un outil descendant parce que son élaboration ne s’effectue pas en collaboration avec les personnels

Une offre déséquilibrée entre le 1er et le 2nd degré

Dans le premier degré, la confusion règne entre formation et information.

Ce que l’on propose surtout aux PE, ce sont  des animations pédagogiques obligatoires pour mettre en oeuvre des changements de programme, s’adapter à de nouvelles fonctions.

Les stages  par conséquent pour faire évoluer les pratiques pédagogiques, adaptés à des besoins et des choix individuels, restent ultra minoritaires.

Selon l’inspection, les animations pédagogiques telles que nous les connaissons vont disparaître pour être remplacées par un dispositif en constellations. Le ministère a décidé d’accompagner davantage ce modèle qui permet un meilleur partage entre pairs.

Des problèmes d’organisation

Les agents s’inscrivent « à l’aveugle », sans savoir ni quand ni où auront lieu les stages.

Confrontés à des difficultés d’agenda, ils ne participent pas aux stages prévus, les places ainsi libérées n’étant pas pour autant récupérées par d’autres.

Une hétérogénéité des agents face au numérique

La crise du Covid19 a mis en lumière l’hétérogénéité dans la maîtrise des outils numériques. La moyenne d’âge des enseignants de l’académie peut l’expliquer (génération qui n’a pas grandi avec ces outils). Sans oublier que certains agents n’ont pas les moyens de s’équiper, particulièrement les catégories précaires comme les aesh, les aed.

L’académie dispose de ressources variées : coopératives numériques, webidées, Résentice, RUPPN, stages du PAF…

Mais la « marche » à franchir pour certains qui auraient besoin de formations basiques, notamment en bureautique, est trop grande.

Après ce CTA nous avons d’ailleurs appris une nouvelle baisse des moyens alloués à Résentice à notre grande surprise. Fort peu logique après la période écoulée ! Nous ne manquerons pas de protester contre cette diminution et d’agir pour qu’il n’en soit plus question.

La question des formations hybrides

Certains syndicats ont évoqué la crainte de voir le numérique supplanter le présentiel, sous des raisons d’économie budgétaire.

M. Canerot a répondu que les formations hybrides coûtent aussi cher que les autres. La formation à distance permet cependant de résoudre les questions de conciliation de temps de vie, de sortir du « tout rennais » pour les lieux de formation, de résoudre des problématiques de transport.

Il faut néanmoins de la vigilance pour permettre aussi du distanciel sur lieu de travail avec notamment un endroit pour s’isoler, un contact avec un référent qui permette d’assurer la liaison entre le volet distant et ce qui se fait en présence.

Vers un report des formations annulées à cause du covid19 ?

M.Canerot (Secrétaire Général) pointe des difficultés pour reconduire les formations : il faudrait que les formateurs puissent avoir le temps de faire non seulement les formations reconduites mais aussi celles de l’année en cours…. Impossible de tenir 2 PAF sur une seule année.

Cependant des stages vont se faire pour le CAPPEI en cette fin d’année scolaire pour le « boucler ». Ce certificat certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) remplace le 2CA-SH et le CAPA-SH depuis 2018. Sa préparation se fait sur 300 heures. Les stagiaires ont fait une partie à distance, tout en assumant la tenue de leurs cours pendant le confinement.

Sur ce type de formations « lourdes », les agents inscrits seront prioritaires dans les inscriptions.

Nos propositions/ Les réponses du rectorat

Une évaluation qualitative à améliorer

Nous avions l’an passé proposé que la DAFPEN s’appuie sur les souhaits formulés lors des rdv de carrière. Nous avions également rappelé que les formateurs et formatrices faisaient remplir en fin de session des fiches d’évaluation aux stagiaires.

La DAFPEN nous avait alors répondu qu’il leur était difficile d’exploiter ces données.

Cette année, nous avons suggéré de créer une fiche type à remplir de façon numérique après les sessions pour en faciliter le traitement statistique.

M.Canerot  a répondu que le rectorat souhaitait lui aussi améliorer  l’évaluation qualitative du PAF. Pour les « non-enseignants » on peut prendre appui sur les évaluations annuelles mais trois rdv de carrière ne suffisent pas côté enseignants.

Le ministère a par ailleurs cette année demandé la mise en place de Conseil Académique de la Formation avec deux réunions dans l’année, la prochaine pourrait porter sur l’évaluation qualitative. Une réflexion est en cours sur une évaluation à distance par les stagiaires, mais après le stage.

De même le rectorat partage la volonté d’avoir un PAF plus « participatif ». Les IPR ont aussi souligné le travail en formation de formateurs pour permettre, tout en respectant des référentiels imposés par le ministère, de mieux identifier les attentes pour mieux y répondre.

Un maillage de formation à mieux tisser, une organisation à améliorer

Nous avons suggéré d’entreprendre un travail pour que les formations, d’échelle ou de structures différentes comme les groupes de secteur, les FIL, les coopératives numériques (….) interagissent davantage avec le PAF.

Nous avons réitéré notre demande d’informer les agents inscrits le plus tôt possible des lieux et dates des stages.

Pas de plus numérique mais du « mieux numérique »

Outre une meilleure imbrication des dispositifs de formation, nous avons suggéré que les formations bureautiques ne soient pas seulement ouvertes aux administratifs mais aussi aux enseignants. La FSU a appuyé cette demande à laquelle le rectorat n’a pas répondu.

Des moyens à mettre au service de la lutte contre l’hétérogénéité et le décrochage

Impossible à ce stade de l’année de repenser tout le PAF sur ces objectifs.  Avec l’école inclusive, l’hétérogénéité va croissante et augmentent des écarts qui suscitent des difficultés pour les collègues. Le covid19 a pu les accentuer.  Ne pas tenir compte serait donc une grave erreur.

Nous avons suggéré d’intégrer la question de l’hétérogénéité dans des formations déjà proposées et d’en faire un axe transversal pour beaucoup d’entre elles.

Notre vote

Nous avons constaté des améliorations, comme l’augmentation du nombre de places pour les aesh ou du côté des formations dévolues aux contractuel·le·s. Mais les aspects négatifs restant nombreux, particulièrement dans le 1er degré, nous avons donc porté notre vote en abstention.