Rythmes scolaires à Rennes, une organisation à revoir

A sa demande, le Sgen-CFDT Bretagne a été reçu à la mairie de Rennes pour échanger sur l'organisation du temps scolaire et faire part du rejet exprimé par les personnels de l'organisation actuelle.

Pour le Sgen-CFDT   D.DUBRAY (Directrice d’école à Rennes), M.TOSCER (Elue en CSA-SD 35 et en CAPD 35, PE à Mouazé) L.GRIMONPREZ (Secrétaire général du Sgen-CFDT Bretagne, PE à Rennes).
Pour la ville de RENNES, G.ROUGIER (Adjointe à la maire de Rennes en charge des affaires scolaires), N.GAUVAIN (Directeur enfance éducation) et E.PIVETTE Directrice déléguée Ressources Education Enfance).

Une organisation très largement rejetée par les enseignant·es rennais·e

A la CFDT, nous ne rejetons pas a priori l’organisation sur 4,5 jours. Pourtant la mise en œuvre rennaise est insatisfaisante et suscite un rejet massif de la part de nos collègues.
L’organisation actuelle n’offre clairement pas de gain en termes de conditions de travail pour les personnels.
Cette organisation allonge les journées. La pause méridienne est une pause qui est vécue comme un temps d’astreinte, contraint, sur site. Sans offrir par ailleurs les conditions matérielles pour avancer son travail de préparation.

Les formations et réunions sont organisées le soir après la classe (à 17h). Idem pour les rencontres avec les parents, ce qui entraine des journées de travail très longues et un sentiment de semaine tunnel !

Des conditions de travail dégradées

A cette question du temps, s’ajoutent les problématiques liées à l’école inclusive mais aussi les problématiques sociales.
L’Ille et Vilaine manque de places dans les établissements Médico Educatifs. Par ailleurs on note, dans certains quartiers, une forte dégradation des conditions sociales.
Ces problématiques rendent l’exercice du métier particulièrement compliqué aujourd’hui dans le département et singulièrement à RENNES.

Au 5 mars le relevé des fiches SST du registre académique comportait 3900 fiches, dont 2900 du premier degré.
1550 fiches soit 53,4 % émanaient du département d’Ille et Vilaine et 660 soit 23 % de la seule ville de RENNES

23% des fiches SST premier degré de l’académie pour la  ville de RENNES !!

L’école a changé depuis 2013, il faut faire évoluer l’organisation du temps

La ville de Rennes n’entend pas remettre en question l’organisation du temps sur 4,5 jours. La CFDT demande dès lors qu’une concertation soit engagée pour en améliorer l’organisation.
Nous ne pouvons nous satisfaire d’un statu-quo. Si l’on met en avant le bénéfice pour les enfants, on ne peut refuser pour autant d’entendre la fatigue des personnels enseignants dans un contexte d’exercice du métier qui s’est extraordinairement transformé depuis 2013.
De meilleures conditions de travail pour les personnels, c’est aussi de meilleures conditions d’apprentissages pour les élèves.

Les réponses de la ville de Rennes

Gaëlle ROUGIER et la ville de Rennes partagent ces constats.

La ville de Rennes a conscience qu’il faut bouger sur l’organisation du temps scolaire pour aller vers un allègement de la journée.

Des contraintes multiples

Les contraintes sont multiples pour la ville qui nous avertit : cela prendra du temps.

La première étape, qui est en voie d’achèvement, c’est la réorganisation de la DEE (Direction Enfance Education)

Le temps de repas et le bâti : les surfaces disponibles ne sont pas extensibles, du coup pour permettre aux enfants de déjeuner dans de bonnes conditions il est le plus souvent nécessaire d’organiser ce temps de repas en 2 services. Un audit est en cours sur ce sujet. Mais il sera difficile de descendre en dessous de 2h sur la pause méridienne.
Les aménagements peuvent donc se jouer sur le début de journée, la matinée du mercredi, pour permettre de terminer sensiblement plus tôt la journée de classe.

Enfin la contrainte du recrutement et de la formation des animateurs sur les temps périscolaires : actuellement la ville rencontre des difficultés de recrutement qui entraine un très fort turnover chez ces personnels.

Nous alertons Madame ROUGIER et M. GAUVAIN, si nous comprenons qu’il faut du temps, les collègues rejettent de plus en plus fortement l’organisation actuelle. Il y a urgence à organiser une concertation avec tous les acteurs, représentants des personnels enseignants, des personnels municipaux, des représentants de parents afin de réfléchir collectivement à des solutions qui soient satisfaisantes pour tous.