Madame la Rectrice, les personnels n’attendent pas des remerciements mais des actes !

Vendredi 3 juillet, la Rectrice a adressé un message à tous les personnels de l'académie pour leur souhaiter de bonnes vacances, elle en profite pour les remercier pour leur engagement, en particulier pendant les journées de fortes chaleurs...Les personnels attendent des actes maintenant !

–Madame la Rectrice,

Nous avons pris connaissance de votre message adressé aux personnels à l’occasion de la fin de l’année scolaire.

Comme vous, nous souhaitons saluer l’engagement remarquable dont ont fait preuve les personnels tout au long de cette année et plus particulièrement durant la semaine de canicule qui vient de s’achever. Leur professionnalisme, leur sens du service public et leur capacité à trouver, dans l’urgence, des solutions pour protéger les élèves ne font aucun doute.

Cet engagement mérite d’être salué et nous partageons cet hommage à nos collègues . Il ne doit pas conduire cependant à minimiser les difficultés rencontrées ni à considérer que les conditions d’accueil ont été satisfaisantes.

Vous écrivez que, grâce à leur mobilisation, les élèves ont pu être accueillis « dans les meilleures conditions possibles » et que cette période a illustré la capacité de notre École à faire face aux défis qui se présentent.

Or les 545 fiches du registre santé et sécurité au travail déposées en quelques jours dressent un constat bien différent.

Elles décrivent des salles de classe dépassant très largement les températures compatibles avec le travail, des locaux où la chaleur atteignait parfois plus de 50 °C, des personnels victimes d’épuisement, des élèves souffrant de malaises, des enseignements déplacés dans des couloirs, des halls ou sous des préaux faute de locaux supportables. Des situations dans lesquelles les apprentissages étaient devenus impossibles.

Ces signalements ne relatent pas des difficultés isolées. Ils constituent un diagnostic collectif de l’état de notre bâti scolaire face aux épisodes climatiques extrêmes. Et de l’absence de mesures réelles de protection des personnels.

Comme nous l’avons indiqué lors de la Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail du 2 juillet, l’engagement des personnels n’est pas une preuve que le système a bien fonctionné. Il démontre avant tout leur capacité à compenser les insuffisances de l’institution, souvent au prix de leur propre santé.

Les équipes ont effectivement assumé leurs responsabilités.

  • Elles ont adapté les emplois du temps,
  • déplacé les classes, recherché les rares espaces respirables, distribué de l’eau,
  • rassuré les familles et maintenu les examens dans des conditions souvent extrêmement dégradées.

Mais cette mobilisation exceptionnelle ne peut devenir un mode normal de fonctionnement ni servir d’indicateur de réussite.

Le changement climatique n’est plus une hypothèse. Les épisodes de chaleur extrême vont se répéter. Il vous appartient désormais d’en tirer toutes les conséquences en matière de prévention des risques professionnels.

Nous réaffirmons donc les demandes formulées devant la Formation Spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail :

  • la réalisation d’un diagnostic thermique des bâtiments scolaires,
  • l’identification des établissements les plus exposés,
  • un plan pluriannuel d’investissements,
  • un protocole académique de gestion des fortes chaleurs intégrant les activités d’enseignement comme les examens,
  • ainsi qu’un suivi régulier des signalements Registre Santé Sécurité au Travail.

Les personnels n’attendent pas seulement que leur engagement soit salué. Ils attendent que l’expérience qu’ils viennent de vivre conduise enfin à des décisions permettant d’éviter qu’elle ne se reproduise.

Nous espérons que les très nombreux signalements effectués cette semaine seront entendus comme ce qu’ils sont : L’expression d’une alerte collective sur les conditions de travail et de sécurité dans notre académie.

Veuillez croire, Madame la Rectrice, en notre profond attachement au service public d’éducation et à la protection de celles et ceux qui le font vivre chaque jour.