Suppressions de postes pour 2025 : où (2nd degré) ?

Le ministère nous retire 46 emplois. Cela s'ajoute aux suppressions d'emplois des années précédentes. La démographie ne les justifie pas entièrement. Ces choix politiques ne permettent pas d'améliorer les conditions de travail.

Précisons tout d’abord qu’il est impossible à ce stade de lister précisément les postes supprimés par école. Le comité social académique précise les grandes masses, nombre d’emplois sur toute l’académie. Il les répartit en niveau – collège, LGT, LP- fixe des orientations de dépense. Puis chaque département ventile ses moyens par établissement. Les comités sociaux départementaux n’ont pas encore eu lieu, à l’exception du Morbihan. Ce n’est qu’à l’issue de ces CSA SD que les suppressions sont définitivement prononcées par des votes dans les CA des établissements. Les personnels de direction devront remonter les TRM (Tableau de Répartition des Moyens) avant  la fin février. 

Nous vous incitons donc fortement à remplir cette courte enquête pour que nous puissions vous représenter au mieux durant les comités départementaux. Les personnels de direction auraient à faire remonter les mesures de suppression avant le 6 février. Le comité social du Morbihan a déjà eu lieu mardi 28 janvier, celui d’Ille et Vilaine aura lieu le 31 janvier, des Côtes d’Armor  le 6 février,  et le … dans le Finistère. Même si le comité départemental a eu lieu, vos remontées sont précieuses et nous pouvons vous accompagner dans la vérification des DGH. 

Nous avons réalisé quelques affiches dont le lien se trouve en bas de l’article pour résumer effectifs et postes par département et par niveau. Vous pouvez bien sûr les imprimer sur les panneaux syndicaux de vos établissements.

Nombre d’emplois supprimés

L’académie subit un retrait de 46 postes répartis ainsi :

  • -42 postes pour les collèges
  • -54 postes pour les LGT
  • – 1 poste en EREA
  • – 7 postes pour le CNED : il est précisé que le CNED est un opérateur spécifique dont le rectorat n’a pas à financer les emplois.
  • – 6 emplois spécifiques académiques
    Total suppressions de 110 postes dont 97 en établissements
  • + 36 postes en LP
  • + 4 postes en ULIS et + 4 postes pour des dispositifs particuliers
  • + 20 postes pour le remplacement (mais globalisé avec le remplacement des personnels de direction qui n’ont pas de budget spécifique pour le faire)
    Total création : 64 postes

Les documents de travail présentent une bizarrerie que nous avons découvert a posteriori. Parfois ils affichent un retrait d’emploi de 42 postes en collège, auxquels s’ajoutent 7 postes en HSA soit 49 postes en tout, tantôt comme dans la diapo du powerpoint ci dessous ils affichent un retrait d’emploi de 59 emplois….

Dotations incomplètes : ni IMP ni pacte

Tant que nous n’avons pas de Loi de Finances, nous ne pouvons disposer d’aucune dotation en IMP et en pacte. Les pactes qui couvrent cette année scolaire ayant déjà été budgétisés ne sont pas en cause.

Bilan rapide du Pacte

La priorité porte sur le Remplacement de Courte Durée à 60% ; le reste sur toutes les autres missions. Actuellement les établissements publics ont consommé 64% de leur enveloppe dont majorité au titre du RCD. Pour les autres parts, il s’agit en majorité de pacte de devoir fait puis d’ accompagnement d’Elèves à Besoins Educatifs Particuliers ; loin derrière découverte des métiers, tutorat, option en voie pro, prise en charge difficulté scolaire en voie pro constituent les consommations restantes.

Les priorités affichées par le rectorat

• Maintien des moyens alloués au choc des savoirs et à la mise en œuvre des groupes de besoin pour
l’enseignement des mathématiques et du français en 6ème et en 5ème
• Poursuite de l’effort important d’ouverture de dispositifs de scolarisation des élèves en situation de
handicap : création de 4 ULIS collège
• Amélioration de l’accueil des élèves allophones et à la scolarisation des enfants de famille itinérantes et
de voyageur »

  • Au lycée professionnel : financement de l’évolution de la carte des formations
    professionnelles et accompagnement de la progression des effectifs.
  •  Au lycée général et technologique : reconduction de l’accompagnement destiné aux
    lycées de petite taille, pour leur permettre la mise en œuvre d’une offre de formation
    diversifiée en termes d’enseignements de spécialité en première. 8,5 ETP ont été
    réservés à ce titre et sont intégrés dans les DGH initiales.
  • Maintien des moyens consacrés à l’enseignement des langues régionales avec le
    financement d’une réserve de 5 ETP afin de permettre les départs en formation en
    breton pour les professeurs de collège et de lycée et par la suite pourvoir les postes
    créés par le développement des filières bilingues, conformément à l’engagement
    pris dans la Convention spécifique pour la transmission des langues de Bretagne et le
    développement de leur usage dans la vie quotidienne 2022-2027
  • un emploi de CPE supplémentaire au titre du plan ministériel pour la tranquillité scolaire. On nous précise que le ministère a pris comme repère le nombre de faits établissements par académie pour ventiler ces emplois.

Nombre d’élèves par classe en collège : loin derrière l’Europe

On nous dit qu’on ne supprime pas autant d’emploi que ce que pourrait entraîner la baisse démographique. On nous présente ensuite le graphique ci-dessous pour nous montrer que le taux d’encadrement en collège reste stable. La « préservation » du « budget » collège – comprendre le nombre de postes attribués – est donc toute relative selon le point de vue où l’on se place.

Tous les syndicats sans exception arguent qu’on pourrait profiter de la baisse d’effectifs pour l’améliorer.

Pour la CFDT, nous rappelons – encore une fois – les taux d’encadrement en Europe. On est à moins de 21 élèves par classe, soit plus de 4 élèves d’écart.

Baisser le nombre d’élèves par classe ne suffit certes pas à réussir les enjeux d’inclusion. Mais c’est devenu une condition indispensable.

Nous rappelons également que ce taux d’encadrement n’a pas été toujours celui-ci. Dans les années 1980, il y avait 23 élèves par classe en collège.

Groupes de niveau : quoi de neuf ?

On reprend les mêmes principes et on recommence. Le rectorat indique un maintien (cf ci-dessus). Nous rectifions et rappelons que, à l’exception de la Corse, nous sommes la seule académie à n’avoir reçu aucun financement supplémentaire pour les groupes. Il s’agit donc bien de prendre des moyens d’un établissement pour les donner à d’autres et surtout de rogner sur les petites marges, les 3h par division. On en voit les effets sur les groupes de langue et d’option !
Pour les 6è-5è, les directions départementales et l’académie reprennent la même méthodologie. On regarde le résultat des évaluations 6èmes, on extrapole pour l’année suivante. Cela permet de savoir combien il faut de groupes 1, le groupe d’élèves « à besoin ».

Pour les 4èmes-3èmes il y a beaucoup moins de moyens dégagés, ce sera « à la marge ». Là encore les Directions des Services Départementales vont utiliser les résultats des évaluations nationales. A priori les établissements concernés devraient recevoir prochainement ce complément horaire.

Aux autres établissements de se débrouiller pour mettre en place l’accompagnement personnalisé annoncé par le ministère.

Et les heures sup ?

Nous continuons d’affirmer à la CFDT que les enseignant·es travaillent déjà suffisamment, comme le montrent toutes les enquêtes du ministère. Augmenter le nombre d’heures supplémentaires, ce n’est que dégrader la qualité de vie professionnelle des collègues.

En collège

Les chiffres académiques montrent un taux stable d’heures sup en collège : 6.84%. Rappelons qu’il a fortement augmenté quand le ministère a imposé une deuxième heure supplémentaire. Là encore nous avons pu connaître par le passé un taux moins important.
Nous rappelons également que si le taux reste stable, il est plus difficile dans les petites structures de l’absorber. Plus les équipes sont petites, moins il y a de monde pour se répartir les heures supplémentaires, plus c’est difficile. Nous rappelons également que les équipes vieillissent et sont moins en capacité de pouvoir assumer des heures sup. Par ailleurs, les personnes en RQTH n’ont pas à s’en voir imposées.  Enfin, il est heureux qu’à l’approche de la retraite on puisse accéder à la Cessation Progressive d’Activité. Mais logiquement tous ces facteurs devraient entraîner une diminution du nombre des heures sup. Pas seulement un maintien.

En LGT et LP

Le taux d’heures supplémentaires y est plus élevé qu’en collège. Il augmente encore légèrement passant de 11.90% à 12.11%. En lycée pro il diminue légèrement. Mais le nombre de pactes y est bien plus important… Le nombre d’élèves par classe reste élevé même s’il est un peu en dessous des moyennes nationales (alors qu’il est au dessus en collège).

Notre point de vue sur la dotation LGT et LP

La concurrence avec le privé qui affiche un nombre important d’options et de langues vivantes est particulièrement difficile. La carte des langues vivantes, spécialités et options montre un effritement progressif de l’éventail proposé aux familles qui n’est pas dû qu’à la baisse démographique.

L’augmentation des effectifs en LP et du nombre de postes est peut-être une bonne nouvelle. Mais nous nuançons aussitôt ce point de vue. Les collègues sont dans le flou le plus total concernant la carte des formations. Ils ont subi eux aussi une réforme quasiment chaque année ces dernières années. Et surtout si cela traduit un accroissement des déterminismes sociaux, c’est une mauvaise nouvelle. Autrement dit, si on augmente les orientations par défaut.
Ce que le rectorat constate c’est une diminution du vivier des filières technologiques qui se reportent sur les voies professionnelles….et ce n’est pas une bonne nouvelle pour ces filières là. Nous faisons des constats également sur la faible mixité de certaines filières, outre les baisses d’effectifs qu’elles subissent, alors qu’elles sont souvent porteuses d’emploi.

La prépa 2nde

La ministre a demandé une évaluation du dispositif. Le brevet n’étant plus obligatoire pour le passage en 2nde, les risques d’éjections du système de certain·es élèves disparaissent. Les moyens dégagés pour ces classes – une par département – sont pour l’an prochain maintenus. Gageons que ce dispositif disparaîtra à peine mis en place. Que de temps perdu …. et de moyens pris sur les budgets dans les établissements. Ne serait-il pas plus simple d’essayer de renforcer les passerelles entre voie pro et voie GT et  les moyens d’accompagnement personnalisé en 2nde dans les lycées qui en ont le plus besoin ?

Le temps du dialogue social

Des prévisions d’effectifs données plus tard : désaccord sur la méthode

Les années précédentes les établissements recevaient en décembre une prévision d’effectifs, ce qui n’a pas été le cas fin 2024.

Nous avons interrogé à plusieurs reprises le rectorat à ce sujet. Nous avons eu une réponse plus claire en séance du CSA A le lundi 27 janvier.

Le rectorat a souhaité s’aligner sur la façon dont procèdent d’autres académies. L’objectif est de se laisser plus de temps pour fournir des prévisions plus fines, données en même temps que les moyens.

Nous avons argumenté en sens inverse. Nous comprenons ce souci de précision mais nous savons bien dans les établissements que ce n’est qu’en juin qu’on sait définitivement combien on aura d’élèves. En ces temps de baisse démographique, avoir des prévisions plus tôt permet de mieux se préparer. Le choc psychologique est plus grand quand il faut encaisser les deux coup sur coup. Le temps du dialogue social est restreint également.

Malheureusement, nous avons été seul syndicat à défendre ce point de vue.

Un calendrier curieux et difficile à tenir

Nous votons pour ou contre une dotation académique….alors que des établissements ont déjà reçu leur dotation. Cela ne semble pas logique. Mais il faut reconnaître que si l’on attendait que les instances académiques et départementales aient fini de se tenir, on ne serait pas prêt à temps pour le mouvement. Nous avons d’ailleurs appris – après la séance, grâce à notre fédération – que le ministère décalait de 2 jours  les résultats de l’inter, le 14 mars au lieu du 12. On peut imaginer qu’il en sera de même pour l’intra.

Comment tenir un dialogue social de qualité dans le contexte particulier de cette année ?

Effectifs globaux : constat de rentrée 2024 (établi par le rectorat) et prévisions

Une baisse d’effectif de 1431 élèves au constat 2024, baisse plus importante de 415 élèves que la diminution attendue

  • en collège  758 élèves de moins qu’attendu ;
  • en LGT  278 élèves de plus que prévu ; pour 2025 une baisse de 511 élèves prévue
  • il y a eu plus d’élèves en BTS et CPGE que prévu : +187 élèves au lieu de +85 ;
  • le lycée professionnel gagne 647 élèves soit 354 de plus qu’attendu. Il devrait y en avoir 295 de plus à la prochaine rentrée

Voici le résumé des évolutions par niveau et par département

 

ALLONS PLUS LOIN

  • notre déclaration liminaire résumant nos positions sur les dotations
  • nos affiches
  • le compte rendu sur les dotations dans le 1er degré
  • l’article concernant les dotations nationales et la déclaration de notre fédération